LXXVIII INTRODUCTION
Ce poète a pris soin de nous révéler son nom et son pays, au commencement de Girart de Vienne. Il s'appelait, ainsi que nous Tavons déjà dit >, Bertrand de Bar-sur-Âube :
Ce fu en mai, qu'il fait chaut et seri, Que l'erbe est vers et H pré sont flori.
A Bair sor Aube^ .). chastel seignori, Lai sist Bertrans en .j. vergier pensis.
Uns gentis clers ' qui ceste chanson fist. A un juedi, cant dou mostier issi, Ot escouté .j. gaillart pallerin Qui ot saint Jaique aoré et servi Et par Saint Piere de Rome reverti.
Cil li conta ce que il sot de fi, Les aventures quea repaire oi Et les grans poines que dans Girars soufri,
Ains qu'il eust Viane. (Éd. Tarbé, p. 3-4.)
Cette histoire d'un pèlerin revenant de Rome, qui aurait fourni i notre auteur le sujet de son poème,
« est une simple présomption qui ne repose sur aucune base solide. 3 (Positions des thèses présentées par Us élèves de la promotion de iSyôt p. 12.} Nous croyions voir alors dans le style de Girart de Vienne une énergie et une concision qui manquent souvent dans Aymeri. Mais dans cette chanson même, le style est loin d'être égal ; il est plus diffus à la fin qu'au commencement de Touvrage. Nous pensons donc aujourd'hui que cette raison a peu de valeur en présence des nombreux arguments qui appuient l'opinion contraire.