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frais d*invention. Du reste, à part ce défaut qui lui est commun avec la majeure partie de ses con tempo* rains, et pour lequel on ne peut par conséquent se montrer très sévère, il est juste de reconnaître que son style offre de sérieuses qualités ^ Énergique, lorsquUl exprime le désespoir de Cbarlemagne, il est élégant et simple à la fois dans quelques récits, et ne manque pas d^une certaine couleur. La description de Narbonne, par exemple, dans la tirade V, est fort pittoresque, et frappe, dès le début, d^une matiière très heureuse, l'imagination du lecteur. L'histoire, enfin, des ennuis causés au roi Boniface par les orgueilleux messagers d*Aymeri est aussi racontée avec beaucoup d'agrément et de charme. En résumé, Bertrand est, pour la forme aussi bien que pour le fond^ Tun des meilleurs poètes épiques de la période à laquelle il appartient.
Il nous reste à dire quelques mots de la versification. La chanson d*Aymeri est écrite en vers de dix syllabes, rimes. Les couplets, de dimension assez irrégu-
I. Nous lYont déjà fait obsenrer que le style de Girart de Vienne a en général plus de vigueur et de concision que celui d'Aymeri de Narbonne, Ainsi on ne trouve guère dans cette dernière chanson de vers aussi bien frappés que ceux-ci :
Puis qu'hom est mors et il est enfois.
C'est une chose tantost mise en obli.
(Gir, de Vienne, éd. TtrW, p. i6.)
Li cuer n'est mie ne ou vair ne ou gris :
Ens est ou ventre, la ou Deus l'a assis !
{Ibid.,p. 17.)