‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 76 sur 235 · CVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CVI INTRODUCTION

Hère, sont terminés par le petit vers hexasyllabique à désinence féminine, si fréquemment usité dans les chansons du cycle de Guillaume d^Orange.

Les rimes masculines sont de beaucoup les plus nombreuses. Sur 122 couplets, 3o seulement ont des rimes féminines.

An et en sont absolument confondus. Ainsi sergent rime avec Alemant, entendre avec Alixandre, etc. La distinction n'est pas non plus rigoureusement observée dans Torthographe; an et en ne sont plus que deux notations d'un même son, employées indifféremment Tune pour Tautre dans un certain nombre de mots. Dans les tirades en angne (LIV et LXXXV), on voit également rimer ensemble plangne, montent gne, ensengne, ettgengne, etc. On trouve même une fois une finale en aine : germaine (v. 1776).

Du reste, Tauteur s'est permis quelques assonances dans les tirades en é, es, er, ier. Par exemple, dans les tirades XCIX et CI, qui sont démesurément longues, il s*est fatigué de chercher toujours des rinoes parfaites, et s'est un peu affranchi de la règle rigoureuse quMl observe exactement ailleurs. Sur i83 vers dont se compose la première de ces tirades, on compte 9 assonances, et dans la seconde, 37 assonances sur 2 1 3 vers.

Voici la liste de ces assonances :

Tirades en é (VII, XCVIII et CV) : ef (tref), V. 3635;er, v. 234;^^, e^, v. 3o2, 3o3, 4251.

Tirade en es (XXV) : é, v. 686.

Tirade en er (CI) : é, v. 3916, 3929; ef (tref), v.

VERSIFICATION CVH

SgSo; ers, ▼. 3941 ; es, e\, ▼. SgoS-S^ 3916, 3919, 3943, 3945, 3947-50, 3962, 3953, 3966, 3994, 4009-16,4022-28.

Tirade en ier (XCIX) : ié, ▼. 3682, 3710; iers, v, 3648, 3669, 3688, 3762, 3785; iés, iVç, v. 3647, 368 1.

On trouve mercier mis trois fois à la rime dans des tirades en ier (v. 1465, 1481, 3390). Ce mot étant de trois syllabes devrait figurer dans les tirades en er. C'est ce qui a lieu, du reste, au v. 2094 ^

Dans une tirade en one (XIV), on rencontre une finale en ongne : Borgongne (v. 424),

A part ces exceptions peu importantes et relativement peu nombreuses, la rime est fidèlement respectée. D'ailleurs, la plupart des assonances que nous venons de citer formaient à peu près des rimes pour Toreille. On pouvait les admettre sans trop choquer les auditeurs ou les lecteurs du poème; c'est là une licence dont on trouverait, croyons-nous, bien d'au^ très exemples dans les chansons de geste les mieux rimées *.

Il n'y a pas dans Aymeri de Narbonne de laisses similaires, à proprement parler. On trouve au début de certains couplets un résumé ou une répétition de ce qui a été dit dans le couplet précédent (p. ex., aux

I. Cet emploi de mercier à U rime dtns les tirades en ier et en er est atsex généralement admis dans les chansons de geste. Cf. Raoul de Cambrai, tir. IX. LXVI, CVII, CLXXXV.

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