‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 89 sur 235 · Romania, t. IX, p · texte numérisé non relu

Romania, t. IX, p

ATII£AJ BT ianamOARDI CXXJIl

Septimanie qui passa sa vie à guerroyer dans le nord de l'Espagne, serait-il arrivé à devenir chez nos jongleurs français ^ assez populaire pour être introduit de son vivant dans Tépopee? » On ne peut davantage songer à Aymeri I qui tint Narbonne de 1080 i 1 io5. Cette hypothèse soulève à peu près les mêmes objec* tions que la précédente. Aymeri I est encore trop peu ancien pour avoir pu être changé ici en héros épique ^ D'ailleurs, il n'offre qu'une simple ressemblance de nom avec TAymeri de la légende, et ne réunit point au même degré qu' Aymeri II toutes les conditions qui semblaient justifier le rapprochement proposé par Fauriel.

Il faut donc renoncer à chercher parmi les vicomtes de Narbonne du xu^ siècle le prototype de TAymeri de nos diansons de geste. La célébrité dont ce héros jouissait déjà à cette époque dans la poésie ne pouvait être de date récente^ et la tradition qui associait son nom au souvenir de la conquête de Narbonne était alors si répandue qu'elle devait sûrement avoir pris naissance à une période notablement anté-

1. Suivant M. Parit, le poète à qui est dû le Pèlerinage éuit de lIl^-de-Fimnce et tant doute de Paris (L cit., p. 49).

2. On trouve, il est vrai, dans Aymeri de Narbonne, le nom d'un contemporain, André de Hongrie (voy. ci-dessus, p. xc). Mais ce personnage n'est mentionné qu'en passant et ne joue aucun rôle dans le poème. Il est resté complètement étranger à la tradition épique, et Bertrand, comme nous l'avons déjà dit* n'a fait que lui emprunter son nom pour l'appliquer i un personnage purement épisodique, qui est vraisemblablement de son invention Pour Aymeri, les conditions sont bien différentes*

Page 1