‹ Aymeri de NarbonneChapitre 10 sur 244 · MANUSCRITS XXXI · texte numérisé non relu

MANUSCRITS XXXI

forme au texte donné par les mss. 20 .B. XIX et Harl. i32i.

Fol. 79 r^ col. I. Enfances Guillaume (ti deuxième rédaction du Département des enfants d'Aymeri ^

— Pere, » dist il, « ge n'en ai nul talant, « Quar il n'affiert, ne n'est apartenant. « Mais une chose sachiez, petit et grant, 0 Que s'il plest Dieu que puisse vivre tant M Qu'adoubé fusse de hauberc jazarant, « L'escu au col, cl poing l'espié trenchant, « Et bien montez sus bon destrier courant, « Tant conquerrai sus la gent uicscreant, « Parlé en iert .m. anz ça en avant, w Trop sont mes frères esbahiz et taisant, « Mes s'il me veulent servir a mon talant, « Chescun d'culx vcull fere riche et manant. » Dist Aymeri : « Or oy plait avenant.

« Cist est mon filz qui ainssi va parlant. « Or l'ai plus chier assez c'onc n'oi devant, « Quar il sera preudomc. »

(Ms. 20 .D. XI, fol. 79 r° col. I; ms. 24369, fol. 29 v" col. II — 3o r" col. I.)

I. Celte seconde rédaction, qui est aussi contenue dans le ms. fr. 24369 de la Bibl. nat., nous paraît dériver de l'autre. Le fond a de grandes analogies, bien que les incidents soient fort dénaturés et présentés dans un ordie dirtérent. (Voy. l'analyse dans les Ep. franc., 2* éd., t. IV, p. 3i3-3i3). Il est du moins certain que la dernière partie, celle qui forme la transition entre le poème et la chanson du Siège de Narbonne, n'est qu'un remaniement de la partie correspondante de la première version du Dcyaitcmcnt. Comme dans celle-ci, on voit un espion sarrazin se rendre auprès de Desramé pour le prévenir de l'abandon où se trouve Narbonne, après le départ des lils d'Aymeri, et le monarque, à celte nouvelle, rassembler une armée pour faire le siège de la ville. La comparaison des deux textes met leur allinité hors de doute. Il nous suilira d'en citer quelques veis en regard les uns des autres :

Premier Département.

Car il i fu II (ors rois DcsrumC-s,

INTRODUCTION

Fol. 92 yo col. II. Siège de Narbonne, Fol. io3 v° col. III. Couronnement Looys. Fol. 1 12 v° col. III. Charroi de Nîmes, Fol. Ï18 r° col. I. Prise d'Orange.

Fol. i24v° col. l. Enfances Vivien.

Fol. i34v°col. III. Covenant Vivien, Fol. 140 v° col. m. Aîiscans, Fol. 166 ro col. II. Bataille Loqiiifer. Fol. 194 r° col. I. Moniage Guillaume.

Fol. 2 16 r° col. I. Siège de Barbastre. Fol. 240 r° col. III. Guibert d'Andrenas, Fol. 247 v° col. III. Mort d'A/meri de Narbonne. Fol. 261 r" col. I à 317 v<^ col. II. Fouque de Candie ^

Et Bafumez qui molt fist a loer.

Ce furent cil don oïstes parler, Qui de Nerbone .j. soir, a l'avesprer, S'an eschaperent por lor vies salver, Qant Aymeris dut sa feme esposer.

(Ms. 20. B. XIX.)

Deuxième Département.

Si furent ceuls, ne le vous quier celer, Qui s'en fouirent pour leur vies sauver, Quant Aymeri fist le siège lever Devant Nerbone, ou il ot maint Escler.

(Ms. 24369, fol. 54 v» col. I.)

On voit que les expressions ont entre elles beaucoup de similitude, et que ces deux passages ont un étroit rapport l'un avec l'autre. — La première rédaction offre seule un vers de six syllabes à la fin de chaque tirade.

I. Girart de Vienne et Fouque de Candie sont divisés en trois parties, le Charroi de Nîmes en deux, ainsi que la Bataille Loquifer. Chacune de ces parties est précédée d'une miniature et d'une rubrique spéciale.

MANUSCRITS XXXHI

40 Bibl. nat., fr. 24869 (anc. La Vallière 2 3). — La première mention de ce manuscrit est due à Van Praet, dans le Catalogue des livres de la bibliothèque de feu le duc de la Vallière (1783) ^ Il se compose de deux tomes in-fol., sur parchemin, écrits sur deux colonnes. Comme le manuscrit précédent, il remonte au xiv^ siècle, et il offre avec lui beaucoup de ressemblance, tout en étant bien inférieur au point de vue de l'exécution. La chanson d'Aymeri dt Narbonne occupe les 2G premiers feuillets du t. I (fol. i r° col. I à 27 r° col. I). Elle est précédée d'une miniature représentant Charlemagne devant les portes de Narbonne, suivi de ses preux et monté sur un cheval richement caparaçonné et couvert d'une housse bleue semée de fleurs de lis. Puis vient le commencement du Département des enfants d'Aymeri (496 vers, du fol. 27 r° col. I au fol. 3o r° col. I). Nous avons déjà rencontré ce fragment dans lems. 20 .D. XI, où il tient absolument la même place ~. A la

1. Il est décrit sous le n" 2735 (i'* partie, t. II, p. 22?). — Voy. aussi L. Gautier, Ép. franc. y 2" éd., t. IV, p. 22.

2. Ce morceau a été publié en partie, avec assez peu de correction du reste, d'après le ms. 24369, dans V Histoire du Languedoc de D. Vaissète, éd. du Mège, t. III, addit. et notes du livre XV, p. 82-85. — M. L. Gautier l'a pris pour une continuation dVl>'mcri de Narbonne. Le manuscrit La Vallière lui a paru donner « un récit plus développé », une version particulière, dont la fin n'est pas la même que dans l'autre ms. de la Bibl. nat. (Kp. franc., 2* éd., t. IV, p. 232). Mais cette fin, ainsi que nous l'avons démontré, n'appartient pas à la chanson d'Aymeri cl a une existence tout à fait indépendante. M. Ward a bien reconnu aussi son véritable caractère (Catalogue, t. I, p. 637).

XXXIV INTRODUCTION

suite se trouvent les Enfances Guillaume et la deuxième rédaction du Département qu'offre aussi le ms. 20 .D. XI; \q Siège de Narbonne; le Couronnement Looys; le Charroi de Nîmes; la Prise d'Orange; les Enfances Vivien ; le Siège de Barbastre ; Guibert d'Andrenas; le Covenant Vivien; Aliscans ; la Bataille Loquifer. Le t. II (coté aujourd'hui 24370) comprend la suite de la Bataille Loquifer; le Moniage Renoart; la A/o?t d'Aymeri de Narbonne; Renier; le Moniage Guillaume.

Le ms. 24369 a, comme on voit, de grands rapports avec le ms. 20. D. XI. La plupart des chansons qui leur sont communes se suivent dans le même ordre, et les textes de plusieurs d'entre elles ont de part et d'autre une complète identité. Il en est ainsi particulièrement pour Aymeri de Narbonne., pour le premier fragment du Département \ pour les Enfances Guillaume et la seconde rédaction du Département qui se rattache à ce dernier poème, enfin, pour les Enfances Vivien ^. De plus les miniatures qui précèdent Aymeri de Narbonne dans les deux manuscrits ont tant de similitude qu'elles sont sûrement

1. Ce fiagment présente dans les deux mss. le même nombre de tirades, y compris celles qui sont ajoutées au commencement et à la fin, pour le rattacher à la chanson d' Aymeri et aux Enfances Guillaume. Voy. ci-dessus.

2. Cf. Ward, Catalogue, 1. 1, p. 643. — Pour la chanson de Fouque de Candie, qui ne se trouve pas dans le ms. 24869, M. Meyer a constaté que le texte du ms. 20. D. XI est identique à celui du ms. fr. 778 de la Bibl. nat. (Arch. des Miss, scientif., t. III, 2« série (i866j, p. 262.) Ce ms. est aussi du xiv* siècle.

Page 1