‹ Aymeri de NarbonneChapitre 116 sur 244 · CLXXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CLXXXII INTRODUCTION

tifs qui lui sont particuliers. Il est donc probable que ces deux textes ont été puisés seulement à une source commune, d'une façon plus ou moins directe. « Cette source », ajoute M. Paris, « n'était certainement pas historique, car le récit a tous les caractères d'un conte. C'était sans doute un poème dans le genre du Pèlerinage de Charlemagne, et qui lui faisait pendant ou plutôt contraste. Dans le Pèlerinage de Charlemagne, les Francs sont écrasés par la magnificence du

roi grec Ici les Francs triomphent des Grecs par

leur faste, et les dépitent particulièrement en passant avec une indifférence affectée au milieu des merveilles dont on a cru qu'ils seraient ébahis. Ce caractère de

rivalité entre Francs et Grecs indique un poème

français composé certainement avant les croisades et dont sont issus à la fois les récits sur Robert et les récits sur Sigurd et Harald \ »

Il est fort probable que les épisodes intercalés par Wace dans le récit du pèlerinage de Robert de Normandie étaient déjà antérieurement rattachés à ce personnage par une tradition qui remontait plus ou moins directement au vieux poème. C'est de cette tradition que Wace s'est inspiré "; elle avait mis en oubli le nom du héros primitif pour attribuer ses aventures au duc Robert, comme plus tard les Norvégiens les ont rapportées à Sigurd. Dans l'ancien

1. /.. cit., p. 634. — M. Paris fait remonter ce poème au ix'^ ou au x« siècle (ibid., p. 539).

2. M. Kœriing suppose que Wace a emprunté ses anecdotes à une tradition orale (Ueber die Qudlen des Roman de Rou, p. 53).

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