CLXXXVIII INTRODUCTION
pas qu'il ait son pareil. Il faut bien, je dois l'avouer, que je lui permette d'acheter du bois et tout ce qu'il voudra, car il a de grandes ressources dans l'esprit. » Ensuite le duc Léopold monta h cheval et alla à la cour comme il devait. L'empereur lui demanda qui lui avait enseigné toutes ces ruses étranges qu'il avait montrées dans la ville. Le prince dit : « Mon seigneur, ma propre sagesse suffit à me bien conseiller '. »
Un autre chroniqueur viennois, Thomas Ebendorffer (m. en 1464), reproduit la même histoire au sujet de Rodolphe IV de Habsbourg, duc d'Autriche, qui succéda à son père Albert II en i358. Rodolphe, ayant été voir à Prague son beau-père l'empereur Charles IV, Tinvita un jour à dîner, mais celui-ci interdit de vendre du bois à son hôte :
Imperator générale promulgavit edictum ad portam,
ut sub magna pœna duci Austri^ nemo pro foco suo carbones aut ligna venalitati exponeret. Quod ille cognoscens, per testas nucum, quœ prohibitionis exsortes videbantur, regale mandavit instaurare prandium ^
Le trait des noix brûlées se voit encore dans un autre document autrichien, le Chronicon rhythmicum, publié par Rauch {Rerum Austriacarum script. ^ t. I, p. 143). On y raconte que les Viennois, assiégés
1. G. Paris,/, ci/., p. 041. Le texte original de ce passage d'Enen kel a été publié par Haupt, Zeitschrift fur deutsches Alterthum, t. V, p. 281-4. — Enenkel a donné le même épisode dans son Fûvsienbuch (Rauch, Rerum Austriacarum scriptores, t. I, p. 324).
2. G. Paris, /. cit., p. 542; Pcz, Scriptores rerum Austriacarum veteres, t. II, col. 807.