I. W Mcycr, Roma)iia^ t. XI, p. ibo
CCXVin INTRODUCTION
Quant la pucele Tôt, s'est mult reconfortée. « Sire, » dist ele au roi, « si com il vos agrée. « Ja par moi ne sera parole refusée. »
(Éd. Michelant, p. 113-4.)
Boniface, dans notre chanson, tient à peu près le même langage à Hermengarde, lorsqu'il vient lui annoncer qu'Aymeri de Narbonne Ta demandée en mariage :
« Ma bêle suer, vers moi en entendez.
« Mariée estes, se il vos vient a grez,
« Au plus haut prince qui soit de mère nez... »>
Dist Hermenjart au gent cors seignori :
« Biaus sire frère, par foi le vos afi,
« Que je n'avrai en ma vie mari,
0 Se ge n'en ai le preu conte Aymeri '... »
Dist Boniface : « Jesu Crist en merci!
« Je ne vos veil doner fors Aymeri... *
Dist la pucele : « Deu en aor et pri!.... »>
1. Hermengarde a refusé tous ceux qui l'ont demandée en mariage, et elle ne veut épouser qu'Aymeri, dont elle est devenue éprise sans l'avoir jamais vu, et au seul récit de ses exploits. C'est là une situation assez fréquente dans la littérature du moyen âge. L'exemple le plus connu est celui de Jaufre Rudel et de la comtesse de Tripoli (Raynouard, Choix des poés. des troubadours, t. V, p. i65; de Rochegude, Parn. occit., p. 19). Rosafiorida, l'héroïne d'une ancienne romance espagnole, est aussi dans le même cas :
Siete Condes la deinandan, 'Ires Duques de Lombardia.
A todos los desdefiaba, Tanta es su iozanîa :
Enamorôse de Montesinos De aidas, que no de vista.
(Wolf, Primavera, t. II, p. 3o5.)