‹ Aymeri de NarbonneChapitre 178 sur 244 · LES VERSIONS EN PROSE CCLV · texte numérisé non relu

LES VERSIONS EN PROSE CCLV

resteront pour garder la ville. (v°) Ce conseil est adopté, et l'on envoie Esclamart et Abel à Gordres.

« Comment Aymery de Beaulande conquist la cité de Nerbonne par assault, à l'aide des jeunes chevalliers de France et d'Alemaigne '. »

Charlemagne fait dresser une quintaine; (fol. G r») mais Aymeri refuse de jouter, et rassemble en secret un millier de chevaliers pour donner l'assaut à la ville. Rodouan, le plus âgé des rois sarrasins, fait une sortie contre eux h la tète de ses troupes; il est tué par Aymeri ; ses hommes sont mis en déroute et forcés de rentrer dans la cité (v°) dont ils referment les portes derrière eux, Aymeri fait aussitôt apporter des échelles pour donner l'assaut. Les Sarrasins se préparent à la défense, et font « chauffer de l'eaue, bouillir des huilles », pour en jeter sur les assaillants. Esclamart harangue ses soldats; il leur promet le secours de l'amiral de Cordres, et ranime ainsi leur courage. Tous opposent une résistance énergique aux chrétiens, qui font de vains efforts pour triompher de leurs adversaires, et se sentent un peu découragés. (Fol. 7 r*') Aymeri fait recommencer l'assaut de plus belle ; cette nouvelle tentative est encore fatale à ses compagnons. Alors il s'aperçoit que, tandis que les Sarrasins concentrent tous leurs efforts du côté de l'attaque, le château et le rempart voisin sont complètement dégarnis^ Il s'y porte avec deux écuyers, puis, à l'aide d'une échelle, il escalade le mur suivi de quelques hommes, et ne rencontrant aucune résistance, il plante son étendard pour attirer l'attention du dehors.

Hernaut de Beaulande le remarque le premier, et tremble en voyant son fils exposé seul avec une dizaine de combattants aux coups de l'ennemi, (v") Il quitte le tournoi sur le champ, va trouver son frère Girart, ainsi que Milon de Pouille qui était alors près de l'empereur, et réclame leur

Page 1