I. Ms. 796, fol. 4 v° col. I
CCLVI INTRODUCTION
assistance en faveur d'Aymeri ; Charlemagne, de son côté, ordonne de lui venir en aide en toute hâte, et chacun court aux armes. En même temps, les Sarrasins ont vu sur la muraille l'enseigne de Beaulande ; ils se précipitent vers ce point, mais, repoussés par Aymeri, ils se réfugient dans une tour située entre le château et la porte de la ville. Aymeri met la tête à un créneau et s'écrie à haute voix : « Beaulande, Saint Denys, Montjoie ! » Charlemagne l'entend et commande l'assaut. (Fol. 8 r°) Au même instant, Hernaut, Girart et Milon de Fouille, attaquent le pont avec des forces considérables. Les Sarrasins vont prévenir le roi Balant; celui-ci jure de se venger des chrétiens, sonne du cor et se dirige vers la porte qu'il trouve déjà occupée par ces derniers, grâce aux efforts combinés d'Hernaut, de Girart et d' Aymeri. Une bataille horrible s'engage ; les chrétiens entrent en grand nombre dans la ville et les Sarrasins sont entièrement défaits. Les uns sont tués, les autres mis en fuite; ceux qui le peuvent se réfugient dans le château. Balant en fait fermer la porte (v") et monte sur le donjon, d'où il constate avec douleur la victoire des chrétiens.
Le château résiste quelque temps ; dans cet intervalle, on baptise une quantité de païens qui deviennent dès lors de fermes alliés de l'armée chrétienne. Charlemagne tente de négocier avec Balant ; il lui propose de le faire baptiser. Mais le roi païen qui attend du secours de l'amiral de Cordres s'obstine dans sa résistance ; cependant la famine fait des ravages parmi ceux qui sont bloqués avec lui. L'empereur tient conseil avec Hernaut de Beaulande, Naime de Bavière, Ogier le Danois, Renier de Gennes, Milon de Pouille, Girart de Vienne et Aymeri. Il pense que Balant sera bientôt forcé de se rendre; en effet, ses hommes sont affamés, et chaque jour on voit jeter des cadavres amaigris dans les fossés qui entourent le château. D'autre part, il est informé que le païen attend des renforts d'outre-mer; (fol. 9 r**) alors il engage Aymeri à parlementer encore une fois avec lui, après quoi, l'on avisera. Aymeri va donc sommer le