LES VERSIONS EN PROSE CCLVII
Sarrasin de recevoir le baptême. Celui-ci refuse, et plutôt que de se rendre, il se précipite dans les fossés du haut de la muraille ; un varlet lui sauve la vie en le repêchant dans l'eau. Amené devant les princes, il résiste à leurs pressantes sollicitations, et est condamné h être pendu. Le château, maintenant sans défense, tombe au pouvoir des chrétiens. Aymeri le reçoit solennellement en don, {v°) ainsi que la ville de Narbonne avec toutes ses dépendances, en la présence des hauts barons et des pairs.
Quatre jours après, Gharlemagne se met en route pour la France. Avant de partir, il laisse à Aymeri dix mille guerriers pour le défendre, et lui adjoint comme conseillers Hugues de Berry, Girart de Roussillon, Amaury de Melans et Guion de Pierrelée. Il se rend ensuite k Laon,pour y assister au jugement de Ganelon.
« Comment Aymery de Nerbonne envoia demender la
fille du roi Boni face de Lombardie pour avoir en ma-
riaige '. »
(Fol. 10 r") Aymeri entre en possession de Narbonne ; il y fonde des églises et des monastères, et fait régner la paix et la prospérité dans la ville et dans tout le pays d'alentour. Un jour Girart de Roussillon, Hugues de Berry, Amaury de Melans, Guion de Pierrelée et trois ou quatre autres chevaliers se réunissent pour tenir conseil, (v») et prennent la résolution d'exhorter Aymeri à se marier. Hugues de Berry, au nom de tous, l'engage à rechercher pour épouse une femme de haut parage ; (fol. 1 1 r'^') le jeune homme accepte et s'en remet au choix de ses conseillers. Hugues lui propose la fille d'un roi du voisinage qui possède les plus brillantes qualités, mais ajoute-t-il, « de richesse ne say l'ofifre que l'en vous feroit. » Aymeri ne se préoccupe pas de la dot ; il donne son assentiment et demande le nom de celle qu'on veut lui destiner. « C'est, >• dit Hugues, a Hcrmcngarde, sœur du roi