CCLVIII INTRODUCTION
Boniface de Pavie ', et fille de Didier qui aida le duc Ogier de Danemarck au temps oii il combattait contre Charlemagne. » (v*) Aymeri est charmé de cette proposition et ne songe plus qu'à demander la jeune fille en mariage. Girart de Roussillon lui conseille d'envoyer à Boniface des messagers chargés de richesses pour solliciter la main d'Hermengarde. On convient que Girart ira lui-même, accompagné de Hugues de Berry et de cinq chevaliers de son hôtel, avec cinquante ou soixante compagnons « tous vestus d'une couleur par manière de livrée. » Pendant qu'ils font leurs préparatifs de départ, un varlet allemand, informé de leurs projets, s'apprête à les déjouer.
(Fol. 12 r») Il y avaiten Allemagne un comte nommé Clisson qui avait demandé la main d'Hermengarde. Ayant éprouvé un refus, il avait juré d'arriver à ses fins par force ou par guerre. Il résidait alors dans son château de Sausseron, entouré d'une foule d'hommes d'armes. Le varlet allemand dont on vient de parler, qui servait en ce moment à Narbonne dans la garnison que Charlemagne y avait laissée, se rendit près de Clisson pour le prévenir des intentions d' Aymeri. (v°) Il lui fournit des renseignements sur les chevaliers envoyés en message (Girart de Roussillon, Hugues de Berry, Amaury, Sanse et Renier), et sur les hommes qui composaient leur suite ; puis il lui donna des détails précis sur leur équipement et sur les richesses qu'ils emmenaient avec eux. (Fol. i3 r°) Clisson, en apprenant ces nouvelles, se met en mesure de tendre des embûches aux Français. Il visera surtout à prendre les deux sommiers chargés d'or qu'ils ont avec eux, afin de les priver de ressources pour leur voyage. Les messagers tombent dans l'embuscade; au sortir d'un bois, ils trouvent cent hommes rangés en bataille, et leur envoient un écuyer pour connaître leurs dispositions ; celui-
I. Le romancier fait ici d'Hermengarde la sœur de Boniface, conformément au poème ; mais partout ailleurs, il la donne pour !-a fille.