LES VERSIONS EN PROSE CCLXIII
bonne pour demander du secours à Aymeri. Clisson et ses hommes mettent le siège devant la tour et lui livrent un assaut formidable.
Cependant, Girart arrive à Narbonne et rapporte à Aymeri le re'sultat de l'ambassade, les attaques des Allemands et la détresse de ses compagnons, (v*') Le comte s'empresse de reunir une troupe nombreuse, puis se met en route avec Girart pour venir en aide à ses chevaliers. Ils s'arrêtent à environ une lieue de la tour, sur le conseil de Girart, et après avoir pris quelque repos, ils fondent sur les Allemands avant le point du jour, et les taillent en pièces. Clisson lui-même est obligé de se rendre h Aymeri, qui le livre aux chevaliers assiégés dans la tour. (Fol. 2 3 r°) Ceux-ci en tirent vengeance en lui faisant trancher la tête. Les Narbonnais se dirigent ensuite vers Pavie, après avoir envoyé en avant un messager pour prévenir de leur arrivée.
Hugues de Berry et ses compagnons, escortés des barons lombards, vont au-devant d'Aymeri. Boniface lui fait un cordial accueil dans son palais, et apprend avec un vif plaisir la nouvelle de la mort de Clisson. Le comte de Narbonne se rend sans tarder auprès d'Hermengarde, (v») et tous deux échangent dans une première entrevue l'expression de leur affection réciproque. L'évêque de Pavic bénit leurs fiançailles, et le roi fait apprêter un splendide festin. Aymeri passe ainsi un mois à Pavic au milieu de la joie et des fêtes.
Un jour, il se souvient de la ville de Narbonne qu'il a laissée dégarnie et exposée aux attaques des Sarrasins. (Fol. 24 r") Il va donc trouver Boniface et lui demande la permission de hâter son départ et d'emmener avec lui sa fille à Narbonne, pour l'y épouser. Après avoir préparé à celle-ci une superbe escorte, il quitte Pavie; les deux fiancés sont accompagnés pendant trois lieues par les bourgeois de la ville et par le roi Boniface. On se quitte ensuite, non sans éprouver une grande tristesse de cette séparation.