CCLXIV INTRODUCTION
« Comment la cité de Nerbonne fut assîgiée des Sarrasins
par le pourchas de .11. rois qui de la cité s'estoient par^
tis pour aller quérir le secours '. »
(v») Esclamart et Abel, les deux rois qui ont quitté Narbonne au moment du siège, sont venus à Cordres annoncer à l'amiral Desramé le Vieux, le danger qui menaçait la cité. L'amiral est vivement courroucé en apprenant cette nouvelle. (Fol. 25 r») Il rassemble environ trente mille hommes, et débarque avec eux à Marseille. L'armée s'était déjà avancée jusqu'au bord d'une petite rivière où elle avait planté ses tentes, quand un valet sarrasin qui était resté à Narbonne depuis la prise de cette ville par les chrétiens vient annoncer cet événement aux rois musulmans. Il leur raconte en détail la mort de Rodouan et de Balant (v») et les exploits d'Aymeri. « Celui-ci, » ajoute-t-il, « est depuis cinq semaines en Lombardie où il est allé chercher femme, et il a laissé Narbonne si dégarnie qu'il sera facile de la reconquérir. » Sur l'avis du roi Fernagus, l'armée se dirige alors en toute hâte vers Narbonne pour la surprendre.
(Fol. 26 r°) Les chrétiens restés à Narbonne, en voyant les Sarrasins s'installer sous leurs murs, sont dans une extrême détresse. Ils envoient un messager à Aymeri pour le prévenir et se mettent eux-mêmes en état de défense. Le messager rencontre Aymeri qui chevauchait en compagnie de Girart de Roussillon et de trois ou quatre autres chevaliers; (v°) il leur apprend l'investissement de Narbonne par une immense armée de Sarrasins. Aussitôt Aymeri rassemble ses chevaliers et leur demande conseil sur ce qu'il lui convient défaire pour conjurer ce péril. (Fol. 27 r°) Hugues de Berry l'engage à envoyer Hermengarde à son oncle Girart de Vienne, et à demander à ce dernier un secours de dix mille hommes pour combattre les Sarrasins. Le comte suit cet avis et envoie sa fiancée à Vienne sous la conduite de Hugues de Berry, qu'il charge de solliciter du renfort