‹ Aymeri de NarbonneChapitre 187 sur 244 · LES VERSIONS EN PROSE CCLXV · texte numérisé non relu

LES VERSIONS EN PROSE CCLXV

auprès de Girart, (v") Avant de se séparer d'Hermengarde, Aymeri lui adresse, ainsi qu'à Hugues, ses dernières recommandations. Ils partent avec une escorte de trente chevaliers et e'cuyers. Arrivés à Vienne, ils en trouvent les portes fermées dans la crainte de l'approche des Sarrasins, (fol. 28 r") mais ils se les font ouvrir, entrent dans la ville, et vont se présenter à Girart dans son palais. Hugues apprend au duc le nom et la qualité de la jeune fille qu'il accompagne ; en même temps, il lui réclame, de la part d'Aymeri, dix mille hommes pour l'aider à délivrer Narbonne, assiégée par les Sarrasins, (v'*) Hermengarde se joint à Hugues pour implorer ce secours.

Girart accède à leur désir, fait armer les dix mille hommes qu'on lui demande, et part à leur tête; bientôt il rencontre Aymeri et ses gens, (fol. 29 r'^) et comme ceux-ci, craignant une surprise, se rangent en bataille, il envoie un de ses écuyers pour savoir à qui il a affaire. Cet écuyer apprend à Aymeri l'arrivée de son oncle. Le comte se rend auprès de Girart, et lui propose de se rendre clandestinement à une lieue de Narbonne, d'y prendre un peu de repos, puis, après minuit, de fondre à l'improviste sur les Sarrasins, jv") Cet avis est adopté et suivi. L'armée arrive non loin de Narbonne, se repose deux ou trois heures, va surprendre les ennemis avant le lever du jour, et les taillent en pièces. (Fol. 3o r») Les Sarrasins qui faisaient le guet près des murs de la cité, viennent dans la tente de Dcsramé pour l'avertir de la déroute. Fernagus, Abel, Esclamart et les autres rois rassemblent alors plus de dix mille hommes qui se mettent sur la défensive. Mais les chrétiens qui sont dans la ville se tiennent aussi sur leurs gardes. Ils sonnent tout à coup le tocsin d'une façon si épouvantable que les païens effrayés prennent la fuite. Les Français les poursuivent et en tuent un nombre considérable : quatorze cents seulement échappent à la mort. Desramc se réfugie à Orange, Fernagus à Nîmes, Esclamart et Abel à Beaucaire, les autres se dispersent de tous les côtés ; la victoire des chrétiens est complète.

CCLXVl INTRODUCTION

{v^) « Comment Aymery de Narbonne espousa la damoyselle Esmengart, fille du roy Boni/ace de Lombardie '. »

Après la défaite des Sarrasins et le partage du butin entre les soldats, les barons entrent dans Narbonne et y font mander Hermengarde sans retard. Aymeri donne un tournoi à cette occasion, puis il procède à la célébration de son mariage. (Fol. 3i r°) Pendant huit jours, ce ne sont que fêtes et réjouissances. Girart de Vienne et les chevaliers de Lombardie se disposent ensuite à partir. Du mariage d'Aymeri et d'Hermengarde naquirent de nombreux enfants. Le premier fut Bernard, duc de Brébant, qui fut le père de Bertrand; le second, Guillaume d'Orange ; le troisième, Garin d'Anséune dont naquit Vivien qui mourut « en Arleschant ») ; le quatrième, Hernaut le Roux qui fut depuis duc d'Orléans; le cinquième Beuve de Commarcis, père de Girart et de Guibelin; le sixième, Aymer qui conquit Venise, et eut de Faramonde « Drogues le noble combatant », le septième, « Guelin » que les Sarrasins crucifièrent devant Narbonne. (v») Aymeri eut aussi cinq filles : la première épousa Dreux de Montdidier et eut quatre fils, Gaudin, Richer, Guillemer et Sanse; la seconde épousa Raoul du Mans et en eut Anquetin le Normand ; la troisième épousa le roi d'Ecosse, et fut mère de saint Morand que Ton vénère à Douai ; la quatrième épousa Huon de Florenville, et fut mère de Fouques de Candie qui conquit la belle « Anseline »; la cinquième fut Blanchefleur qui devint reine de F'rance. Aymeri et Hermengarde élevèrent avec soin leurs enfants, en attendant qu'ils fussent en âge d'aller « servir et hanter les haultes cours des rois, des princes et des barons chrétiens. »

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