LES VERSIONS EN PROSE CCLXXXV
au Tincl, ajoute : « Mais de tout ce neracompte Tistoire si non en gros, pour ce que il:{ y a ung livre qui en parle tout au long. » Dans le second, nous lisons à propos d'Hermengarde : « La dame engendra .xij. enfans dont les .vij. furent masles et les cincq filles, tous et toutes pourveux richement, comme l'istoire le récite ou livre sur ce fait, duquel l'istoire ne veult mie au long racompter présentement. »
11 nous reste maintenant, après avoir établi la valeur respective des remaniements en prose de notre chanson, à les étudier dans leurs rapports avec Toriginal. La version des mss. 1497 et 796, on le comprend, est seule ici de quelque intérêt, puisque l'autre en dérive et s'appuie uniquement sur elle ; nous n'avons donc à tenir compte dans notre examen que de cette première version. Elle nous paraît avoir pour source immédiate le texte du poème d'Aymeri de Narbonne, tel qu'il nous est parvenu ^ Notre analyse a montré qu'elle en reproduit tous les principaux traits. Mais comme il arrive en général dans ces sortes de compositions, le remanieur ne s'est pas cru obligé de respecter trop fidèlement son modèle. Il
1. L'auteur, au début de son œuvre (foL i r°), affirme avoir suivi fidèlement son modèle, dont il n'aurait fait que changer le langage, en le mettant « de vieille rime » en prose. On peut donc se demander s'il n'y avait pas un remaniement en vers exécuté à la fin du xm» siècle ou au commencement du xiv*. qui aurait déjà donné à la légende la nouvelle forme que nous retrouvons ici. Mais nous ne voyons point de preuve sudisante pour admeltic l'existence de cet intermédiaire. L'artirmation de notre romancier ne doit pas, croyons-nous, cire prise à la Icilrc.