‹ Aymeri de NarbonneChapitre 200 sur 244 · CCLXXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CCLXXXVI INTRODUCTION

fallait l'accommoder au goût de ses lecteurs et en arranger les divers incidents à la mode du jour. Aussi ne s'est-il pas fait faute de donner dans une assez large mesure carrière à son imagination. De là les divergences qui existent entre ses récits et ceux de Toriginal. La narration de la prise de Narbonne, entre autres, est chargée de détails nouveaux qui sont tout à fait de la façon de notre romancier du xv^ siècle. Le poème ne connaît pas l'épisode de la résistance prolongée de Balaam, pris ensuite et mis à mort par ordre de Charlemagne. Il en est de même du rôle que joue Hermengarde auprès des messagers d'Aymeri, des hanaps qu^elle leur envoie ^, et des péripéties du second siège de Narbonne entrepris par les Sarrasins. Remarquons de plus que les noms des personnages secondaires sont fréquemment changés ; ainsi ce n'est pas Hugues de Barcelone, comme dans la chanson, mais Girart de Roussillon qui porte à Aymeri la nouvelle de la détresse de ses chevaliers assiégés dans une tour par les Allemands. Le nom de Savari enfin, par un phénomène qui n'est pas sans exemple dans les ouvrages analogues de ce temps, a été remplacé par le nom de Glisson, bien plus célèbre alors.

Nous ne dirons rien du style qui est prétentieux et raffiné comme dans tous les romans de la même époque. Les héros y sont dépeints sous des traits moder-

I . Il n'est pas question, ainsi que dans la chanson, de noix employées comme combustible. Ce trait a paru sans doute trop invraisemblable au remanieur, qui a remplacé les noix par des tables et des coffres.

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