LES VERSIONS EN PROSE CCLXXXVII
nés; ils parlent et agissent en parfaits gentilshommes du xv^ siècle, et leur aimable courtoisie, leur politesse délicate, contrastent avec la rudesse des types qui leur ont servi de modèles K Charlemagne fait mention de son parlement et de sa chambre des comptes (f° 3 r*') -, enfin, on rencontre dans tout l'ouvrage des détails puérils et d'un caractère très récent. C'est ainsi que l'auteur nous apprend que les messagers d^Aymeri étaient logés à Pavie « à l'Escu de France » (f" i5 v°), et que leur départ avait été retardé par cette circonstance qu'ils s'étaient commandé une livrée uniforme, et qu'ils avaient été forcés d'attendre « que leur habis fussent fais. »> Nous pourrions aussi relever des négligences et des contradictions. Au fol. 1 1 r% Hugues fait savoir à Aymeri qu'Hermengarde est sœur du roi Boniface, ce qui est conforme aux données du poème; mais il ajoute plus loin : « Sy vous donnons en conseil que vous envoies par devers le roi Boniface, son père, pour savoir se sa fille vous vouldra envoyer. » Cette dernière parenté a été adoptée ensuite dans tout le cours du roman. De même, au fol. 6 v'', on voit Esclamart dire à ses hommes : « Ne vous csbahissiés, car mes frères sont allés au secours devers l'amiral de
I. Charlemagne, par exemple, fait le bel esprit en déplorant \\ mort de Roland et la lâcheté de ses chevaliers : « Certainement je puis dire que du milleur grain qui fust en ma grandie ne m'est demourc que la paille » (toi. 3 r°}. De même, Aymeri répond en souriant à l'empereur qui lui oflVe Narbonne : « Vous me donnés poisson qui n'est mie encore peschié, sire, mais je le rcpçois non pourtant et vous en mcrcic aâsés de fois •» (toi. 4 r").