‹ Aymeri de NarbonneChapitre 202 sur 244 · CCLXXXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CCLXXXVIII INTRODUCTION

Cordes.» Or, au fol. 5 v°, Esclamart était précisément un des deux rois envoyés à Tamiral.

Le style du ms. de l'Arsenal offre les mêmes caractères que celui de l'autre version : même platitude, même recherche, même affaiblissement de l'élément héroïque. Le compilateur semble avoir parfois diminué l'importance des hauts faits pour les rendre plus vraisemblables, et il s'efforce d'expliquer les moindres détails pour les faire mieux accepter de ses lecteurs. Sa prose est mélangée de distiques moraux d'un effet très ridicule ^ ; en un mot, son œuvre est fort médiocre, et peu digne d'autre part de fixer l'attention, puisqu'elle ne se rattache à Toriginal que par l'intermédiaire d'une première version bien connue, dont nous possédons deux manuscrits.

Les rédactions en prose d^Aymeri de Narbonne paraissent avoir joui d'un assez grand succès, car on reconnaît leur influence jusque dans certaines compilations historiques. C'est d'après Tune de ces versions de notre roman que la légende de la prise de Nar-

1. Ainsi, quand Girart de Vienne refuse de se charger de Narbonne, il invoque un proverbe à l'appui de sa décision : « J'ay assez affaire a garder le mien, dont il me souffit et doit souffire très grandement. Et comme racompte ung sage en proverbe notable disant en deux vers :

Le vray repos ne gist mie en l'avoir,

Mais seulement en souffisance avoir » (fol. 226 r").

Puis, c'est le tour d'Hernaut de Beaulande, qui fait aussi sa citation ;

« Il vauldroit mieulx a moyen estât tendre

Que le trop grant toute sa vie attendre » (fol. 227 r»).

Page 1