‹ Aymeri de NarbonneChapitre 207 sur 244 · CCXCVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CCXCVIII INTRODUCTION

et qui ne sauraient, d'après lui, être postérieurs au xii^ siècle. Tel est le refus opposé par Hernaut à Gharlemagne, lorsque celui-ci l'invite à mentir; telle est aussi l'apparition d'un ange qui vient rassurer l'empereur ^, comme dans la chanson de Roland. De plus, on trouve par exception des assonances dans l'une des laisses 2; M. Rajna y voit la trace d'une version primitive. Enfin, c'est à Aix (Asia) que Gharlemagne se rend, après avoir mis Aymeri en possession de Narbonne, tandis que dans les textes d'une date relativement récente, c'est Laon qui est devenu la capitale de Tempereur ^.

Nous devons avouer que ces arguments ne nous ont pas convaincu. Les traits cités par M. Rajna ne nous paraissent pas avoir un cachet d'antiquité incontestable. La réponse d'Hernaut à Gharlemagne est assurément fort belle, mais nous ne voyons pas pourquoi elle n'aurait pu être inventée au xm^ siècle. Les traits heureux ne font point défaut aux poèmes de cette époque. Quant aux assonances, on en rencontre souvent dans les chansons les mieux rimées; elles ne sont dues habituellement qu'à une négligence des poètes, fatigués de poursuivre la rime, et l'on s'exposerait souvent à faire fausse route en y cherchant des traces de rédactions antérieures ^. Pour

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