Propugnatore, t. III, 2* part., p
4. Voy. ci-dessus, p. cvii, et l'introduction de Raoul de Cambrai, p. Lxv et Lxix. — La laisse indiquée par M. Rajna a, du reste, des
LA LÉGENDE d'aYMERI EN ITALIE CCXCIX
la ville d'Aix-la-Chapelle, elle figure encore, comme capitale de Charlemagne, dans des chansons peu anciennes, dans notre Aymeri de Narbonne, par exemple, où des Sarrasins proposent à l'émir de Babylone de prendre la couronne « a Es en France, en mi la roiauté » (v. SôyS).
Ainsi, il convient, à notre avis, de rajeunir notablement le texte de Venise, et nous croyons que le poème français nous représente mieux Tétat primitit de la légende. En lisant Pépisode de la prise de Narbonne d'après le ms. IV, nous ne pouvons nous empêcher d'y voir un récit abrégé et considérablement raccourci. La conquête de la ville y est racontée en quelques vers, et Ténumération des barons auxquels Charlemagne offre ensuite la cité est moins complète que dans Aymeri, Le monarque s'adresse seulement à Richard de Normandie, à Ogier le Danois et à Hernaut de Beaulande. De plus, ces héros sont ici amoindris et rabaissés; ils ne semblent guère excusables de refuser une ville qui est déjà prise et dont la possession ne leur a coûté aucune peine. Dans notre chanson, au contraire, Charles réclame de ses chevaliers, accablés de fatigue et de tristesse, un suprême effort pour s'emparer d'une place solidement fortifiée et défendue par des milliers de païens. Combien cette situation n'est-elle pas plus belle, plus dramatique, plus digne enfin de l'épopée primitive ' !
assonances si irrcgulicrcs et si fautives qu'elle ne nous semble guère pouvoir être prise en considération.