‹ Aymeri de NarbonneChapitre 231 sur 244 · L. cit.^ p · texte numérisé non relu

L. cit.^ p

2. L. cit., p. xviii-xix. Wolf croyait reconnaître dans le nom Benaîmenique une corruption de la forme provençale En Ainicric, et il en concluait que le sujet de la romance devait être puise à des traditions méridionales (Primavcra, t. II, p. 414). Nous voyons, au contraire, que l'origine en est toute française. Quant à la particule Ben, dans la forme Benaîmenique, elle semble avoir été employée à l'imitation des noms maures. Mais, malgré celte apparence arabe, l'ideniité de ce nom avec celui d'Aymcrl ne saurait plus être contestée (voy. Milâ, De la poesîa hcrôico-popttlar castellana, p. 358, note 3).

3. Wolf, Primavera, t. Il, p. 41 3. M. Milâ juge que celle romance est étrangère à toutj tradition fl. cit., p. 3bc)).

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lentes de Espana ^ Suivant cet auteur, Charlemagne vint avec le pape en personne au secours de Narbonne dont les Maures s'étaient emparés. Pendant ce temps, pour faire une diversion, il envoya contre les païens d'Espagne une armée considérable commandée par « don Roldan, don Oliveros, don Gabuino, don Ottoger Pelos, don Ottoger Normandino, don Gaston, don Angel, don Arnaldo Montalvan, don Gerardo Rossellon. » Après de nombreux succès, cette armée parvint jusqu'à Urgel où elle mit les infidèles en déroute ^. Trois rois maures périrent dans cette rencontre : « Farega, rey de Toledo, Supero, rey de Fraga, Alfach, rey de Segorbe. » L'un des chefs de l'armée chrétienne, « Ottoger Normandino », y succomba aussi. L'armée victorieuse alla rejoindre Charlemagne et le souverain pontife, qui Taccueillirent avec des transports de joie. Ils élevèrent ensuite une église en l'honneur de saint André, où ils firent enterrer Ogier le Normand. L'empereur, dès qu'il eut rendu à ce paladin les derniers devoirs, poursuivit sa route vers Narbonne avec toute son armée, réduisit cette ville en son pouvoir, et en chassa « Magtano, rey de Narbona, » et « Almanzor, rey de Cordova. » Puis, il en fit présent « a un varon noble

1. Lucius Marineus Siculus, De las cosas illustres y excellentes de Espana (Alcala de Henares, i539), '• î^» ^^- '» ^o^- ^-^^^ v»-fol. Lxiiii r".

2. D. Vaissète pense que les Français s'emparèrent effectivement d'Urgel après la prise de Girone en 785 {Hist. générale de Languedoc, ircéd., t. I, p. 444).

LA LÉGENDE dVyMERI EN ESPAGNE CCCXXI

Uamado don Henrrique », cl donna en mcmc temps à celui-ci le titre de vicomte.

Ce don Henrrique, nommé vicomte de Narbonne par Charlemagne, est certainement Aymeri, dont le nom aura été corrompu. Magtano, roi de Narbonne, est sans doute aussi le Matran de Philomena. Ce roman paraît avoir été la source originaire du passage que nous venons d^analyser. Outre la conformité des noms des acteurs principaux, on remarque encore une couleur très analogue dans les deux récits, et Ton y voit le pape remplir le même rôle auprès de Charlemagne. Des détails nouveaux, puisés à d'autres traditions, sont venus se joindre aux données primitives , peut-être dans des sources intermédiaires.

C'est aussi d'après Philomena que Père Tomich a raconté la prise de Narbonne par Charlemagne dans ses Historias dels reys de Arago ^ Cet écrivain nous déclare lui-même avoir trouvé ses renseignements (( en las historias qui foren fêtas per Philomena, secretari de Caries maynes, Empcrador. E foren fêtas las ditas historias, » ajoute-t-il avec la précision d'un historien consciencieux, « per lo secretari dessus dit en l'any que teniem de la Incarnacio

I. Historias e conquestas dcls cxcellentissims e catholics Reys de Arago, e de leurs anteccssors las comtes de BArcclona (Haicelone, i334), ch. XVII-XXIII. Mairan, dans ce icxic, csi appelé Metra, et sa femme Ormuda (lis. Oriunda), Le siège de Narbonne est placé en l'année 790.

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DccLxxxxv anys. » ^ On voit quelle confiance on accordait alors à cet ouvrage pourtant si dénué de valeur.

Un autre récit du siège de Narbonne, de même origine que les précédents, nous est donné encore par le P. Estevan Barellas, dans sa Cemuria o historia de losfamosos hechos de! grau coude de Barcelona don Bernardo y de don Zinofre, su hijo, y et ras cavalleros de la provincia de Cathaliina (Barcelone, 1600). Ce livre n'est qu'un roman très confus et fort peu intéressant. L'épisode dont nous nous occupons y est extrêmement développé, et s'étend du ch. xxxxiii au ch. Lxxxvii (fol. 46 r^-gô r°). Nous allons en résumer les traits principaux :

Le roi de Cordoue, accompagné de Magtano, son parent^ et de Salim, vient mettre le siège devant Narbonne. Les habitants de la cité implorent le secours de Charlemagne qui leur envoie des troupes en toute hâte. Pendant ce temps, le roi de Cordoue donnne deux assauts qui sont repoussés par les Narbonnais. Après ce double échec, il réitère l'attaque tant par terre que par mer, mais sa flotte est brûlée par ses ennemis. Tandis qu'il s'occupe à réparer ce

I. Ch. XVII, fol. XII r" col. I. — Le récit de Tomich a été cité par Geronimo Çurita dans ses Anales de la corona de Aragon^ 1. I, ch, 3 (éd. de Saragosse, 1610, t. I, fol. 6 V), et par le P. Mariana dans son Historia de rébus Hispanice, 1. VII, ch. 1 1 {Hispaniœ illustrâtes scriptores varii, i6o3, 1. 11, p. 411). Cf. Catel, Mémoires de l'histoire du Languedoc, p. 547.

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