‹ Aymeri de NarbonneChapitre 29 sur 244 · ETABLISSEMENT DU TEXTE LVII · texte numérisé non relu

ETABLISSEMENT DU TEXTE LVII

Poieur ostel ne pot mes acointier, il met, en changeant complètement le sens : Paor ot tes.

Il est certain également que C ne descend pas de l'original de B^ et B^, car ces manuscrits ont tous deux, comme nous l'avons vu, une lacune de trois vers (3375-77), qui devait exister nécessairement dans le texte dont ils sont la copie fidèle. Or le ms. C possède ces trois vers.

Nous pouvons donc affirmer que C et l'original commun de B^ et B- dérivent simplement d'un même manuscrit, auquel ils se rattachent sans doute par quelques intermédiaires.

5° Ce manuscrit est-il lui-même issu du ms. A^ ou du ms. A', textes en général assez corrects, auxquels un copiste aurait fait subir les quelques altérations qui se sont transmises dans les mss. B\ B-, C, et qui ont servi de base à notre classification ?

Nous reconnaîtrons d'abord qu'il ne peut descendre du ms. A\ car celui-ci offre des lacunes qui n'existent pas dans B^ B^ et C, (par exemple, aux v. 2826;, 3707-1 1, 4010-14, ainsi que nous l'avons indiqué précédemment).

Il ne descend pas non plus du ms. A~, car ce dernier passe aussi des vers qui se trouvent au contraire dans ^^ ^^ C. (Tels sont les v. 1106, 1292, 1696, 1882, 2357, 2489, 25i 3-iG, etc. Voy. ci-dessus.) En outre A-, comme nous l'avons vu, est altéré dans plusieurs endroits, où Z>^ />:, C, d'accord avec A\ présentent une leçon correcte.

IVni INTRODUCTION

Le manuscrit d'où dérivent B\ B- ox C, ne peut descendre davantage de l'original commun de ^^ et A^, car cet original omettait également des vers que B^, Bet C ont conservés. Nous citerons particulièrement le v. 2325, qui existait sûrement dans le texte primitif, et qui ne peut passer pour une addition sans valeur faite par l'original de B et C, car il est fort utile au sens.

Il faut donc remonter à une source commune, d'oià dérivent, d'une part, l'original de A^ et A~, et d'autre part, le manuscrit qui a servi de modèle à l'original de^^ et 5~et au ms. C.

6° Cette source n'était certainement pas le manuscrit primitif de notre chanson. Nous avons en effet la preuve qu'elle devait avoir déjà quelques fautes dont les manuscrits qui en descendent nous ont tous conservé la trace.

Ainsi ils offrent une lacune évidente entre les v. 282 et 283.

Dans ce passage, Charlemagne rappelle l'occupation de Narbonne qui suivit la prise de Nobles :

« Est ce Nerbone dont l'en m'a tant conté?... « Qant oi pris Nobles et retenu Forré, « Lors mist ses gardes en iceste cité, « Que il la dut garder a sauveté. »

Le sujet de cette dernière phrase manque, et l'on ne saurait à qui la rapporter, si Naimes, dans sa réponse à l'empereur, ne nous avait appris qu'il s'agit ici de Roland :

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