ETABLISSEMENT DU TEXTE LU
« Sire, » dist Naimes, « par foi, c'est vérité; « Mes Sarrazin n'orent pas oublié.
« Puis que il virent Rollant de ci torne\ « Si s'asenblerent li ouvert deffaé, etc. »
Il y avait sans nul doute dans le texte primitif après le V. 282 : Qajit oi pris Nobles, tic. ^ un vers qui faisait mention de Roland ^ Ce vers manque dans tous nos manuscrits.
Au contraire, ils ajoutent par erreur après le V. 1391 un vers qui se trouve répété un peu plus loin (v. 1398.)
Ces fautes ont sûrement une commune origine.
En résumé, la filiation que nous venons de constater entre nos différents textes peut se représenter de la manière suivante, en désignant par X le manuscrit primitif, par X* celui d'où dérivent tous les manuscrits actuellement connus, et par Y celui qui a été la souche de C et de l'original de B^ et B- :
I. Sur le rôle joué par Roland dans la prise de Nobles, voy. VHist. poétique de Charlemagne de M. G. Paris, p. 263. — Le copiste du ms. C, pour rendre intelligible ce passage ainsi défiguré par une lacune, a corrigé les v. 283 et 284 :
Lor> mis mes gardes en iccste cite, Cant il la durent garder a salvctc.
INTRODUCTION
Ce classement, quoique établi d'une façon très rigoureuse, souffre, nous devons le dire, une assez singulière exception. Par une étrange anomalie, le ms. A\ si voisin de A^, s'en écarte fréquemment dans les 5oo premiers vers du poème, pour se rapprocher du ms. C. Dans la plupart des cas où ce fait se présente, A- s'accorde au jcontraire avec jles mss. de la famille B.
On a, par exemple, aux v. i5 et i6 :
(Geste chançon, seignor, dont je vos di,)
Si est estrete del preu conte Aimeri,
Le preu, le sage, au coraje hardi.
Si est l'estoire (B Est de Te.) do preu conte Aymeri,
Cil de Nerbone au corage hardi.
La même observation s'applique à beaucoup d'autres passages; nous citerons particulièrement les v. 41, 67, 127, i35, 169, 164, 172, 198, 216, 264, 293, 33i , 35i, 36i, 468.
Au V. 160 :
Desus un pui vit une vile ester,