‹ Aymeri de NarbonneChapitre 37 sur 244 · I. C écrit habitucllenicni ans · texte numérisé non relu

I. C écrit habitucllenicni ans

LXXII INTRODUCTION

En effet, en étudiant les rimes, on reconnaît que Tautear du poème tenait compte au contraire de ïs de flexion, sinon rigoureusement, du moins d'une manière habituelle. Il nous a donc fallu nous conformer sur ce point aux règles qu'il a suivies.

Sauf ces quelques exceptions, nous avons reproduit fidèlement, et jusque dans toutes ses variations, l'orthographe du ms. jV^. Nous n'avons pas cherché à y établir une unité qui eût été trop arbitraire. L'orthographe n'étant pas encore fixée au moyen âge, on ne doit pas lui donner une régularité et une correction qu'elle n'avait pas alors. Ainsi, dans notre manuscrit, an et en sont confondus et pris souvent l'un pour Tautie; le copiste écrit tout aussi bien antaiidi^e qu'e;îtaidrc. Ce fait a son intérêt pour Tétude de la prononciation, et nous avons dià le laisser subsister. Nous avons donc écrit tantôt an et tantôt en^ suivant que le ms. nous donnait l'une ou l'autre forme. Il y a certains cas, d'autre part, où l'orthographe des mss. ne répondait plus à la prononciation usitée au temps de leur rédaction, par exemple dans les formes telles que chevalchier^ molt, valt. Il est bien évident que dans ces mots 1'/ n'avait plus au xiii^ siècle la valeur d'une consonne^ on prononçait sans nul doute chevauchier, mont, vaut. Mais puisque la lettre / était encore en usage, nous avons cru devoir la respecter.

I. Lorsque nous avons emprunté des leçons aux autres manuscrits, nous les avons ramen'ies à l'orthographe de A^. — C'est aussi ce ms. A^ que M. Couraye du Parc a suivi pour le choix «les formes dans son édition de la Mort Aymeri. (Voy. p. xlvui.)

AUTEUR DU FOEME LXXIIl

Il nous a paru inutile de vouloir écrire plus correctement que les copistes du xiii^ siècle, et d'introduire dans l'orthographe de cette époque des réformes rétrospectives.

Nous pensons que les éditeurs des anciens textes, lorsqu'ils ont la chance d'avoir de bons manuscrits, doivent les suivre aussi exactement que possible. Les textes ainsi publiés offrent pour les études philologiques des bases plus solides que ceux auxquels on a fait subir des restaurations habiles et savantes, mais fondées sur des conjectures parfois discutables. Les documents de Tancienne langue, soumis à ces procédés, ressemblent trop aux édifices du moyen âge que nos architectes modernes ont complètement remis à neuf: ces essais de restitutions, tout en étant consciencieux et bien étudiés, enlèvent aux monuments une grande partie de leur valeur au point de vue de la science archéologique.

V — AUTEUR DU POEME — DATE DE SA COMPO- SITION. — IMITATION d'une CHANSON ANTÉ- RIEURE.

La chanson d'Aymeri de Narbonne offre de grandes analogies avec celle de Girart de Vienne, et est certainement l'deuvre du même auteur. Telle a été jusqu'ici Topinion unanime des juges les plus compétents. M. G. Paris, dans son Histoire poétique de

LXXIV INTRODUCTION

CJurlcmagne, a fait très justement remarquer que le ton, le style et la versification des deux poèmes sont identiques, et que leur caractère est parfaitement homogène. L'un deux, en effet, peut servir de préparation, l'autre de conclusion à l'expédition d'Espagne ^ Dans tous nos manuscrits, sauf un seul ^, Aymeri de Nar bonne est précédé de Girart de Vienne et en forme en quelque sorte la continuation. Ces chansons semblent avoir eu entre elles une relation très intime ; elles formaient comme deux chapitres d'un même ouvrage, et il est probable qu'elles étaient souvent récitées ensemble. On trouve dans Aymeri un curieux passage qui suppose déjà la connaissance de l'autre poème, et fait une allusion très nette à l'un de ses épisodes. Lorsqu' Aymeri se présente devant Charlemagne pour lui demander Narbonne, l'empereur se rappelle qu'il a failli un jour être victime de son ressentiment :

« Ne te menbre il de Teure ne des dis,

« Qant en Vienne estoit Girars assis,

« En la forest avoie le porc pris ?

« La me sorprist dans Girars li marchis,

« Et tu meismes armez o lui venis;

« Tant fus vers moi fiers et mautalentis,

« S'il te creust, n'en eschapase vis,

« Ne remest pas en toi ne fui ocis. » (V. 719-726.)

1. P. 326. Voy. aussi p. 80. — Cf. Romania, t. IX (1880), p. 5 12; P. Meyer, ibid., t. XIII (1884), p. 8, 19; L. Gautier, Épop, françaises, 2^ édit., t. I, p. 207, 219, t. IV, p. 19, 'z32; Nyrop, Den oldfranske Ileltedigtning, p. 289.

2. Le ms.dc la Bibl. nat. fr. 24369, qui ne contient pas Girart de Vienne et débute par la chanson d'Aymeri.

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