‹ Aymeri de NarbonneChapitre 39 sur 244 · AUTEUR DU POEME LXXVH · texte numérisé non relu

AUTEUR DU POEME LXXVH

croyons donc qu'elle doit être attribuée à Fauteur du poème. Celui-ci a pu fort bien en terminant avertir SCS lecteurs ou ses auditeurs qu'il allait donner une suite à son récit, en composant une autre chanson pour continuer en quelque sorte la première. Rien de plus naturel et de plus conforme aux habitudes des trouvères du xiii^ siècle.

Nous n^nsistons pas sur les ressemblances de style qui existent entre Girart de Vienne et Aymeri de Nar bonne. En effet, le style des chansons de geste est assez impersonnel, et il est souvent difïicile d'y démêler ce qui appartient en propre à chaque auteur. Nous ne pouvons cependant nous empêcher de signaler l'analogie frappante qui paraît dans le choix de certaines expressions. Ainsi, on lit dans Girart de Vienne :

Rollans la prist fort bien a esgarder, Dedans son cuer forment a goloscr.

(Éd. Tarbé, p. 90.)

et dans Aymeri de Narbonne :

La cité prent li rois a esgardcr,

Dedanz son cuer forment a goloser. (V. 100- 191.)

Ces ressemblances viennent à l'appui des autres preuves que nous avons déjà produites, et confirment entièrement l'attribution que nous avons faite des deux chansons à un même poète ^

mauvaise paraphrase des vers 129 a 149 (VAymcri de Narbonne, et a sans doulc 6\.6 fabrique par le copiste du ms. 20, D. XI.

I. Dans la ihcsc que nous avons prcscnlcc à THcolc des Chartes sur Aymeri Je Narbonne, nous avons soutenu que celle niiribution

LXXVill INTRODUCTION

Ce poète a pris soin de nous révéler son nom et son pays, au commencement de Girart de Vienne. Il s'appelait, ainsi que nous l'avons déjà dit \ Bertrand de Bar-sur-Aube :

Ce fa en mai, qu'il fait chaut et seri,

Que Terbe est vers et li pré sont flori.

A Dair sor Aiibe^ .]. chastel seignori,

Lai sist Bertrans en .j. vergier pensis,

Uns gentis clers - qui ceste chanson fist.

A un juedi, cant dou mostier issi,

Ot escouté .j. gaillart pallerin

Qui ot saint Jaique aoré et servi

Et par Saint Piere de Rome reverti.

Cil li conta ce que il sot de fi,

Les aventures que a repaire oi

Et les grans poines que dans Girars soufri,

Ains qu'il eust Viane. (Éd. Tarbé, p. 3-4.)

Cette histoire d\m pèlerin revenant de Rome, qui aurait fourni à notre auteur le sujet de son poème,

a est une simple présomption qui ne repose sur aucune base solide, y^ (Positions des thèses présentées par les élèves de la promotion de iSjô, p. 12.) Nous croyions voir alors dans le style de Girart de Vienne une énergie et une concision qui manquent souvent dans Aymeri. Mais dans cette chanson même, le style est loin d'être égal; il est plus diffus à la fin qu'au commencement de l'ouvrage. Nous pensons donc aujourd'hui que cette raison a peu de valeur en présence des nombreux arguments qui appuient l'opinion contraire.

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