‹ Aymeri de NarbonneChapitre 45 sur 244 · LX.VXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LX.VXVI INTRODUCTION

Ces vers ont beaucoup d'analogie avec ceux de Gitw't de Vienne, que nous avons cités précédemment. Bertrand, par une étrange fantaisie, s'est mêlé aux héros et aux événements qui font Tobjet du poème. Celte esquisse biographique qu'il nous donne ici est purement imaginaire. On doit le croire toutefois, lorsqu'il se représente comme étant à Bar-sur- Aube, au service d'un « grant homme » . C'est là sans nul doute

texte, d'aprcs M. L. Gautier {Efop. franc. ^ 2C édit., t. I, p. 2o5-

A Bar sur Aube, Jésus uiiecoloiibe,

Se sist Bcrlreii desoz un pin, en l'ombre,

Si corn la geste le dvivise et raconte.

Un coutcl tint dont paroit une poine ;

Lors Ji remeiibre de Buevon de Hanatonue

Et de sa mie Josiene la blonde

lit dou destrier Arondel d'Arra^onne...

Vilains juglieres ne vus en set respondre.

(Vat., Reg. i632,f' ig r .)

A Bar sur Aube, en droite ore de none, Astoit Bertrans k'estoit belle personne, Et se porpcnse de maint gentil proudome, l'ant qu'il li menbre de Buevon de Hanstonne, De Josianne qui est en grant essoine, Et d'Arondel, un destrier d'Arragonnc.

(Bibi. S. Marc, mss. t"r. n" XIV.)

Le premier de ces manuscrits porte la date de i3o4; l'autre, suivant M. Gautier, a dû être écrit de 1220 a i23o. Ils sont, comme on voit, moins complets que celui de Carpentras, et paraissent être notablement altérés, le second surtout. On remarquera qu'ils omettent les détails relatifs aux prétendues relations de notre jongleur avec le duc Gui d'Hantone. — La rédaction de Beuve d'Hantone, contenue dans le ms. fr. 255 16 de la Bibl. nat. (réd. A de M. Meyer, Daurd et Béton, Introd., p. xxi), ne fait point mention de Bertrand de Bar-sur-Aube.

AUTEUR DU POEME LX.WVll

le seul trait véridique de son récit. Mais quel pouvait être le haut personnage auquel il fait allusion ? Nous n'avons aucun document qui nous permette de résoudre ce problème, et nous en sommes réduit aux conjectures. A l'époque où vivait Bertrand, le comté de Bar-sur-Aube était réuni au comté de Champagne. Cette province était alors gouvernée par Thibaut IV le Chansonnier, qui naquit en 1201, peu de jours après la mort de son père, et atteignit sa majorité en 1222, après avoir régné d'abord sous la tutelle de sa mère Blanche de Navarre. 11 mourut en 1 253, et fut par conséquent tout à fait contemporain de Bertrand. Peut-être a-t-il, en sa qualité de poète, encouragé et protégé Fauteur d'Aynieri de Narbonne; peut-être est-il le grand seigneur que celui-ci vint servir à Barsur-Aube \ Cette hypothèse n'est point inadmissible, mais à défaut de preuves plus certaines, nous ne la donnons qu'avec une entière réserve.

Un savant anonyme du xvn^ siècle, qui a joint au manuscrit de Carpentras une notice assez curieuse ~,

i.Graesse prétend que Bertrand vécut d'abord à Paris et vint terminer à Bar-sur-Aube son poème de Girart de Vienne. {Die grossen Sagenkreise des Miltelalters, p. 345.) Mais celte assertion n'a sa source que dans un rapprochement fort peu satisfaisant propose par M. Fr. Michel (Roma)i de la Molette, p. lxii, note) entre Bertrand, le tt gentil clerc » de Bar-sur-Aube, et un certain « Maqister Bertrandus clerc », curé de Saint Jacques de la Boucherie à Paris, en iImiS, cité par D. Marricr (Ilist. de Sdint Martin des Champs, p. .\a'j). Il est bien évident que ces deux personnages n'ont pas entre eux le moindre rapport.

2. Nous en devons une copie à l'obligeance de M. B.irrès, bibliothécaire de la ville de Carpentras. — L'érudit inconnu, à qui est

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