‹ Aymeri de NarbonneChapitre 52 sur 244 · Inirod,, p. Lviii-Lx · texte numérisé non relu

Inirod,, p. Lviii-Lx

VERSIFICAIIOX CV

frais d'invention. Du reste, à part ce défaut qui lui est commun avec la majeure partie de ses comcmporains, et pour lequel on ne peut par conséquent se montrer très sévère, il est juste de reconnaître que son style offre de sérieuses qualités K Energique, lorsqu'il exprime le désespoir de Charlemagnc, il est élégant et simple à la fois dans quelques récits, et ne manque pas d'une certaine couleur. La description de Narbonne, par exemple, dans la tirade V, est fort pittoresque, et frappe, dès le début, d'une manière très heureuse, l'imagination du lecteur. L'histoire, enfin, des ennuis causés au roi Boniface par les orgueilleux messagers d'Aymeri est aussi racontée avec beaucoup d'agrément et de charme. En résumé, Bertrand est, pour la forme aussi bien que pour le fond, l'un des meilleurs poètes épiques de la période à laquelle il appartient.

Il nous reste à dire quelques mots delà versification. La chanson cVAynteri est écrite en vers de dix syllabes, rimes. Les couplets, de dimension assez irrégu-

I, Nous avons dcjà fait observer que le style lie Giravt de Vieillit' a eu ,miiiéial plus de vii^ueur et de concision que celui d'Aymeri de Narbonne. Ainsi on ne trouve guère dans cette dernière chanson de vers aussi bien iVappés que ceux ci :

l'uis qu'Iioin est mors et il est cnloii., C'est une chose taiitost mise en ubii.

[Gir. de Vienne, cJ. Tarbc, |v i6 )

Li cucr n'est inic no i»u vair ne ou gris ; I£ns est ou ventre, la ou Deus l'a ass's ! (Ibid., p. 17.)

CVI INTRODUCTION

Hère, sont terminés par le petit vers hexasyllabique à désinence féminine, si fréquemment usité dans les chansons du cycle de Guillaume d'Orange.

Les rimes masculines sont de beaucoup les plus nombreuses. Sur 122 couplets, 3o seulement ont des rimes féminines.

Alt et en sont absolument confondus. Ainsi sergent rime avec Alemant, entendre avec Alixandrc, etc. La distinction n'est pas non plus rigoureusement observée dans Torthographe; an et en ne sont plus que deux notations d'un même son, employées indifféremment l'une pour l'autre dans un certain nombre de mots. Dans les tirades en angne (LIV et LXXXV), on voit également rimer ensemble plangne, montengne, ensengne, engengne, etc. On trouve même une fois une finale en aine : germaine (v. 1776).

Du reste, l'auteur s'est permis quelques assonances dans les tirades en é, es, er, ter. Par exemple, dans les tirades XGIX et CI, qui sont démesurément longues, il s'est fatigué de chercher toujours des rimes parfaites, et s'est un peu affranchi de la règle rigoureuse qu'il observe exactement ailleurs. Sur i83 vers dont se compose la première de ces tirades, on compte 9 assonances, et dans la seconde, 37 assonances sur 2i3 vers.

Voici la liste de ces assonances :

Tirades en é (VII, XCVIII et CV) : ef (tref), v. 3635; er, v. 234;c'5, q, v. 3o2, 3o3, 425j.

Tirade en es (XXV) : é, v. 686.

Tirade en er (CI) : é, v. 3915, 3929; ef (tref), v.

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