‹ Aymeri de NarbonneChapitre 54 sur 244 · Voy. l'iairod. de Jiaoul Je Cambrai, p. lxv et l.\ix · texte numérisé non relu

Voy. l'iairod. de Jiaoul Je Cambrai, p. lxv et l.\ix

CVIII INTRODUCTION

tirades III, LUI, CXI, etc.), mais Fauteur n'use de ce procédé qu'avec beaucoup de discrétion ^ Tels sont les principaux traits qui caractérisent la langue et la versification de la chanson d'Aymeri. Ces caractères, et en particulier l'inobservation assez

I. La laisse XXXIX qui commence la deuxième psivÙQ d'Aymeri de Narbonne, offre une analyse succincte des événements antérieurs :

Charles li rois n'ifistplus demorée,

A Aymeri a Ncrbone douée

A .xiij. contes fa aiiiçois presantée, Et tuit li .xiij. l'orciit bien refusée.

On voit par là que les deux parties de la chanson étaient susceptibles d'être récitées séparément. Il était alors nécessaire de rappeler à la mémoire des auditeurs les taiis que l'on avait déjà racontés, et de les apprendre en peu de mots à ceux qui n'avaient pas entendu le début du poème. On rencontre encore un curieux exemple de ce procédé à la laisse LU. Lorsque les messagers d'Aymeri et les Allemands sont sur le point d'en venir aux mains, l'auteur s'interrompt pour recommencer en quelque sorte un nouveau récit, qu'il fait précéder d'un bref exposé de la situation :

Ce fu en mai que la rose est fiorie, Que bois foillist et herbe reverdie, Que li mesage aloient à Pavie.

Li Aleinent ior firent asaillie, etc.

Ces sortes de recommencements sont d'ailleurs fréquents dans les chansons de geste. Les jongleurs, comme l'observe M. L. Gautier [Épop. franc., 2^ éd., t. 1, p. 383), « voulaient ainsi se ménager la possibilité de chanter devant leur auditoire telle ou telle partie de leurs œuvres. C'est dans ce but qu'ils donnaient à cette partie les apparences d'un début d'épopée. » Tel est assurément le motif des divisions que Bertrand semble avoir établies dans son ouvrage, divisions un peu arbitraires, qui ne répondent pas toujours à la distinction naturelle des divers éléments du poème.

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