‹ Aymeri de NarbonneChapitre 85 sur 244 · LE SIEGE DE NARBONNE CXLTII · texte numérisé non relu

LE SIEGE DE NARBONNE CXLTII

Enfin, notre poème attribue le nom de Desramé à Tun des rois sarrasins de Narbonne (v. 3o2, etc.j ; or, ce nom n'est qu'une forme du nom d'Abdéramc (Abder-Rahmân), qui a été porté effectivement par deux gouverneurs de Narbonne ^ On voit que la fiction offre avec l'histoire plus d'un trait de ressemblance.

La légende de la prise de Narbonne s'est introduite de bonne heure dans notre vieille littérature. On y trouve déjà une allusion dans la chanson de Roland, à propos de Tencendor, le cheval de Charlcmagne :

En Tencendur sun bon chevnl pois muntet; Il le cunquist es gucz desuz Marsune, Si 'n getat mort Malpalin de Nerbune.

(V. 2993-5 de l'éd. de M. L. Gautier.)

Ces vers renferment la mention très obscure d'un héros et d'une localité qu'on ne rencontre dans aucun autre texte. Nous remarquerons seulement que la prise de Narbonne, dans la première forme qu'elle a revêtue ici, se place avant l'expédition d'Espagne '-'.

L'auteur du poème semble, du reste, connaître aussi une seconde prise de Narbonne qui suivit cette expédition. Il fait passer par cette ville Charlemagne et ses guerriers, à leur retour d'Espagne :

Passent Nerbune par force e par vif^ur.

1. Reinaud, Invasions des Sarrasins en France, p. yb; Zotenberg, dans Vllist. de Languedoc, nouvelle ti.l., t. Il, p. Sdj, noie.

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