Voy. G. Paris, Ilist. poétique de Charlemagne, p
CXLIV INTRODUCTION
Ce vers nous paraît contenir en germe le thème développé plus tard dans la chanson d'Aymeri K
Il est aussi question de l'occupation de Narbonne dans Girart de Roussillon. Lorsque Charles Martel, menacé par les païens après la bataille de Vaubeton, demande conseil à ses vassaux, Anséis lui reproche de ravoir chargé de la garde de Narbonne, lieu sans cesse exposé aux agressions des Sarrasins :
Anseïs de Narbone parlet corn bar :
« Don reis, ja us de nos not degr'amar!
« Cuidaz vos per mal faire vos ait genz car?
« Nos ne suns genz Engleis d'oltre ça mar.
« Gant annaz en Espaigne ta ost gidar,
« E eu portei t'ensegne per cadelar,
« En tôt le pejor leu que poz trobar
« M'as laissât, en Narbone, qu'eu la te gar.
I. Telle est également l'opinion de M. L. Gautier : « Notre trouvère, » dit-il, « savait par une tradition poétique très ancienne que Charlemagne, en revenant de Roncevaux, s'était rendu
maître de Narbonne Peut-être les mots par force e par vignr
indiquent-ils que l'auteur de wqwq Roland pensait vaguement à la légende d'un siège et d'une conquête par Charlemagne. » La chanson de Roland, 5* éd., Eclaircissement IV, p. 392 (voy , p. 3i5, les autres explications proposées par divers érudils au sujet de ce passage). — Le rédacteur du manuscrit de Roland, conservé à la bibliothèque de Venise (franc. IV), a intercalé en cet endroit l'épisode de la prise de Narbonne par Aymeri. — Hugues de Fleury, vers le commencement du xu* siècle, a fait aussi allusion à une conquête de Narbonne, postérieure à la guerre d'Espagne : « Post hœc autem (après la défaite de Roncevaux), domnus Karolus rex, subjugatis Narbonensibus, in Fra.iciam est reversus- » Hisîoria ecclesiastica, Pcitz, Script., t. IX, p. 36 1. H a probablement emprunté ce détail aux chansons de geste ou aux traditions épiques répandues de son temps.