I. G. Paris, Romania, t. IX, p. 5i
CL INTRODUCTION
Au-dessus de la porte occidentale, à l'intérieur du temple, est un instrument à suaves harmonies, que l'on aime à entendre. C'est un orgue avec lequel on accompagne les cérémonies de la messe, aux grandes fêtes...
Il est formé d'un arbre d'or, garni de ses branches et de son feuillage, où se trouvent des oiseaux dont on loue la douce voix. L'air y est introduit par des soufflets, de sorte qu'ils chantent dans leur ton particulier,
L'un haut, l'autre bas, selon la direction des soupapes. En etfet, l'air pouvant ingénieusement entrer dans l'arbre et en sortir, l'oiseau que \ç maître veut faire mouvoir chante au moyen de la clef'.
I. Description du temple du Graal dansle poème deTiturel, traduite par Osvvald Van den Bcrghe, Annales archéologiques de Didron, t. XVII (i^ôy), p. 393-4 (cf. p. 291). — Le même morceau offre un autre trait commun avec Aymeri de Nar bonne ; il s'agit d'une escarboucle qui orne la plus haute tour du temple du Graal : « L'escarboucle qui en forme le nœud est digne de toute louange. Q.uand, par la nuit sombre, les chevaliers sont attardés dans la forêt, elle brille et leur montre le vrai chemin de leur demeure » Cibid., p. 288). Ce passage rappelle les vers à' Aymeri :
Sus as estages del paies principer Ot .j. pomel de fin or d'outre mer ; Un escharboclc i orent fet fermer Qui flanbeoit et reluisoit molt cler, Corn li solauz qui au main doit lever ; Par nuit oscure, sanz mençonge conter, De .iiij. liucs le pueten esgarder.
Rien de plus fréquent, du reste, dans les textes du moyen âge que cette propriété attribuée à l'escarboucle. Dans une prétendue lettre du prêtre Jean, publiée par Assemani (Bibliotheca orientalis, t. III, 26 part., p. 490), il est question ausbi de pommes d'or et d'escarbouclcs qui surmontaient le faîte de son palais :a In exiremitatibus supra culmen palatii sunt duo poma aurea, et in unoquoque duo carbunculi, ut aurum resplendeat in die et carbunculi