OUVERTURE DU CONSERVATOIRE
ouvrages depuis longtemps épuisés 1 . Nous l’insérons donc à notre Appendice (p. 182), et, en y renvoyant, disons que l’orateur, après ses prémisses, expose avec beaucoup de précision le but de la Convention et les moyens de parvenir aux meilleurs résultats en profitant de l’expérience du passé. A ce propos, il parle du chant d’église, du chant théâtral, des artistes italiens, de la musique militaire, de l'absence de méthodes, du rôle des instruments, de renseignement simultané des instruments à cordes et à vent, de l’utilité d’une bibliothèque musicale et d’auditions de musique comme complément d’instruction, etc., toutes choses sur lesquelles il donne de curieux aperçus accompagnés d’observations très judicieuses.
Gossec lui succède, et, dans une courte allocution, invite ses collègues à parcourir la carrière qui leur est ouverte, avec ardeur et de de façon à justifier l’attente du Gouvernement; aux élèves, qui ont gémi de la perte d’un temps précieux, il demande de seconder les maîtres, et, s’adressant au Ministre, il lui offre l’assurance que le zèle de tous répondra au vœu de l’institution et le sollicite, en terminant, d’activer le complément du système d’organisation 2 .
Rares sont les mentions de cette cérémonie d’inauguration dans les journaux. Le Journal de Paris fait exception, et les réflexions qui accompagnent l’annonce de cet événement musical sont à citer pour l’éclectisme qu’elles préconisent :
L’organisation et surtout la composition du Conservatoire promettent la réunion de deux avantages qui, jusqu’à présent, ont été regardés comme incompatibles : la conservation de ce qu’il y a de pur et de beau dans l’art tel qu’il est, et la facilité de l’enrichir de ce qui lui manque. On est fondé à espérer que la tyrannie des routines en sera bannie, ainsi que le dévergondage des innovations. On maintiendra le respect du aux œuvres des maîtres qui en méritent, sans refuser un bon accueil aux hardiesses du génie et aux heureuses créations 3 .
Les classes ouvrirent une semaine après, le 8 brumaire (29 octobre). Trois cent cinquante et un élèves venus de 46 départements attendaient ce moment depuis le premier trimestre de l’an IV 4 .
A peine le Conservatoire commençait-il à fonctionner que son
1. Organisation du Conservatoire . an V, p. 7; — Arch. nat., AF, III. 384;
— Lassabathie, Histoire du Conservatoire , 18G0, p. 24.