Éclaircissemens...., loc. cit., p. 3, note
LA DIRECTION DU CONSERVATOIRE
existence était menacée, ou du moins songeait-on à le restreindre dans ses éléments. Dans le courant de brumaire an V, la Commission des dépenses du Conseil des Cinq-Cents demanda une réduction des frais, motivée sans doute par la situation budgétaire, mais aussi suscitée par les ennemis de la nouvelle institution : la nature de quelques objections le démontre. Aussitôt fut rédigé un mémoire destiné à éclairer la Commission, « afin que, conciliant les besoins « d’une sévère économie avec la nécessité de conserver l’art de la « musique en France », elle pût présenter au Conseil un travail conforme aux vrais intérêts de la République. N’est-il pas pénible de constater que Sarrette et les Inspecteurs de renseignement se soient vus contraints de répondre à des questions comme celles-ci : « Le Conservatoire est-il nécessaire? Le Conservatoire a déjà beaucoup coûté et n’a pas été utile! Le Conservatoire ne présente-t-il pas une masse de dépenses trop considérable? Les membres du Conservatoire ne sont-ils pas trop payés? Quels résultats le Conservatoire peut-il promettre au Gouvernement? » Et enfin, pour comble! « Quels inconvénients peuvent résulter de la suppression du tout ou d’une partie du Conservatoire? »
On conçoit que, malgré leur intérêt, les arguments fournis ne puissent trouver place dans le présent volume; disons seulement qu’ils parurent convaincants à la Commission, qui mit en pratique le sage conseil terminant le mémoire des membres du Conservatoire, en évitant de proposer une décision dont le résultat devait tendre infailliblement, à leur avis, à plonger la République dans le vandalisme le plus absolu 1 .
Quelques contemporains de Sarrette l’ont traité d’intrigant et d’ambitieux. Certes il lui a fallu beaucoup d’adresse et d’habileté pour réussir; mais ces qualités, — ou ces défauts, — n’allaient pas jusqu’à l’excès, nous en avons pour preuve la lettre dont plusieurs extraits ont paru dans notre brochure, Le Magasin de décors de lOpéra (p. 13). Le directeur général de l’Instruction publique lui avait proposé, au nom du Ministre de l’Intérieur, de se charger « des administrations réunies du théâtre des Arts, des « fêtes nationales et du Conservatoire de musique », en motivant cette proposition « sur la liaison et la dépendance réciproques de