LA MUSIQUE DE LA GAEDE NATIONALE I. LE CORPS DE MUSIQUE
Antécédents de Sarrette : Sa naissance, ses occupations. — 1789 : Il signe une adresse à l'Assemblée nationale (26 juin ) ; sa participation aux journées des 13 et 44 juillet ; il est nommé capitaine de la garde nationale ; il réunit les musiciens des gardes françaises au district des Filles-Saint- Thomas, et forme la musique de la garde nationale.
Coopération de cette musique aux cérémonies publiques : Prestation du serment; première sortie de la garde nationale (9 août), procession (10 août), la Saint-Louis à Versailles (25 août), bénédiction des drapeaux (26 septembre). — 1790 : Echange des drapeaux des gardes françaises (26 janvier), Te Deum (44 février), serment civique au district (20 février), première communion et renouvellement du serment civique des élèves de la musique (mai).
Adoption du corps de musique par la ville de Paris (h mai).
Suite de la coopération aux cérémonies publiques : Fête-Dieu (3 juin), Fédération (44 juillet), fêtes patriotiques particulières, honneurs funèbres rendus aux victimes de l'affaire de Nancy (20 septembre). — 1791 : Te Deum (20 mars), funérailles de Mirabeau (4 avril), translation de Voltaire au Panthéon (11 juillet), 2 e anniversaire de la prise de la Bastille (44 juillet), fête de la Constitution (18 septembre).
Projet d'Ecole de musique militaire : Députation des musiciens auprès du Corps municipal (47 octobre), opinion favorable de la « Chronique de Paris », de Ch. Villette; le Maire de Paris transmet la pétition au Directoire du département (7 décembre), avis de ce dernier (1 janvier 1192). 1792 : Situation précaire des musiciens, suppression de la garde nationale soldée. Sarrette demande sa pension', lettre du Ministre de la Guerre (18 janvier). Concerts; fête de Châteauvieux (avril), de la Loi (juin). Création de l'École de musique de la garde nationale (9 juin), objet.
Les biographes de Sarrette sont muets sur ses antécédents; ils ne nous disent rien de sa naissance, ni de sa situation primitive. Des détails sur ces points ne sont pas cependant superflus pour mesurer le chemin parcouru.
Son acte de naissance devait fournir une première indication : aussi, de passage à Bordeaux il y a quelques années, l’avons-nous soigneusement transcrit d’après le registre pour les baptêmes , mariages et sépultures de la paroisse Saint-André :
Dud. jour mercredi 37 novembre 1765.
A été baptisé Bernard fils légitime de Jean Sarrete m c cordonnier et de Marie Orcival, p sso S l -Projct. Parrain Bernard Sarrete oncle, marraine Jeanne Béril d’Orcival ayeule maternelle; né ce matin à onze heures.
Sarrete père, Bernard Sarrete, Beril Orcival, Catherine Orcival, Guillaume Orsival, de Saint Just, curé de la MajestatL
Ainsi, comme l'abbé Maury, qui devint cardinal après la Révolution, Sarrette était fils d un cordonnier. Ceci soit dit à titre de simple remarque. 11 ne paraît pas, bien que l’on manque de renseignements précis sur son enfance et sa jeunesse, qu’il ait exercé la profession paternelle. Suivant Fétis, « il vint se fixer à Paris après avoir terminé ses études 2 ».
Que fit-il dans la capitale?
D’après quelques-uns de ses contemporains et ennemis, il aurait occupé un modeste emploi dans les bureaux du dépôt des gardes françaises. En compulsant les divers papiers de ce régiment, à l’aide desquels nous avons fait l’historique de sa musique, nous n’avons trouvé aucune trace du nom de Sarrette, ce qui n implique pas la négative; nous pensons au contraire que l’on peut tenir pour certain le témoignage de ceux qui l’ont connu, encore que leurs affirmations soient plus inspirées par le désir de nuire à sa réputation et de le rabaisser, que destinées à nous instruire. Sous cette réserve, voyons ce qu’ils disent.
L’indication la plus précise se trouve dans une violente diatribe peu connue, parue en l’an X, alors qu’il fut question d’élever un monument à Sarrette. C’est une épître grossière, d’un style volontairement vulgaire, signée Tirepied, ex-membre du ci-devant Comité révolu-
1. Archives municipales de la ville de Bordeaux. — Depuis, nous avons eu connaissance d’un extrait de ce registre, délivré le 8 juin 1792, pour être joint aux états de services de Sarrette, lors de la liquidation d’une pension dont nous parlerons plus loin, et d’un autre qui lui fut délivré le 8 mai 1807, qu il déposa en 1816 chez M e Chodron, notaire.
Sarrette n’écrivit pas son nom comme ses parents ; les nombreuses signatures que nous avons vues portent toutes deux t au lieu d’un.