ANTÉCÉDENTS DE SARRETTE
tionnaire de la section de Brutus. L’auteur, à ce que nous supposons, pourrait bien être un nommé Decosse, « cordonnier de toutes les femmes et filles aristocrates », ainsi qu’il est qualifié dans un rapport de police de l’an II, car ses allusions à certains événements auxquels Barrette s’est trouvé mêlé sont absolument exactes. En tout cas, si ce n’est pas lui qui a emprunté le nom de l’indispensable accessoire des disciples de saint Crépin, celui qui se l’est approprié était très au courant de certains faits et gestes de Barrette et de Decosse, qui firent tous deux partie dudit Comité, à moins qu’il n’ait été renseigné par ce dernier. Quoi qu’il en soit, dans ce pamphlet, où l’on reproche à Barrette son orgueil et sa conduite passée, il est dit que « ses titres à la gloire littéraire sont d’avoir été jadis secrétaire dans l’administration du dépôt des gardes françaises 1 ».
Un autre pamphlet, publié peu après et dû à la plume de Ducancel, le porte-paroles du vindicatif Lesueur, nous apprend que Sarrette, « complètement illettré », avait été « uniquement versé dans des comptabilités obscures jusqu’en 1789 », et que, « de simple commis à la comptabilité », il était « devenu économe, intendant et, si Ton veut, chef de la musique de la garde nationale 2 ».
Malgré leur exagération de langage, ces deux documents suffisent à établir la nature des occupations de Sarrette avant la Révolution, qui devait être le point de départ de sa fortune et de la célébrité. Dès ce moment, il allait sortir de son obscurité.
Comme beaucoup de jeunes hommes, il fut séduit par les idées nouvelles. Nous le trouvons parmi les signataires d’une adresse qui parvint à l’Assemblée constituante le 26 juin 1789 et dans laquelle les électeurs de Paris, en témoignant de leur amour pour le Roi, de leur dévouement à la Patrie et de leur confiance dans l’activité des représentants, priaient le Président d’être l’interprète de leurs sentiments auprès des membres du clergé qui s’étaient déclarés leurs frères, et des nobles « disposés à confondre l’intérêt particulier dans l’intérêt général pour le bonheur de tous 3 ». Manifestation pacifique,
1. Un ex-membre du ci-devant Comité révolutionnaire de la section de Brutus au citoyen Sarrette , directeur du Conservatoire de Musique , 4 p. in-8°, s. 1. n. d. (Bibliothèque nationale, Ln 27 , 3 1 32 7.)