‹ B. Sarrette et les origines du Conservatoire national de musique et de déclamationChapitre 111 sur 149 · SARRETTE REFUSE LA DIRECTION DE L’OPÉRA · texte numérisé non relu

SARRETTE REFUSE LA DIRECTION DE L’OPÉRA

« ces trois établissements ». L'occasion était propice, si Sarrette eût voulu — comme ses ennemis ne craignirent pas de le prétendre plus tard — monopoliser la musique et mettre l’Opéra sous la domination du Conservatoire. Au lieu de cela, il répondit, le 21 germinal an V (10 avril 1797) : « Je persiste à croire que le théâtre des Arts « doit être administré séparément, et je crois vous avoir donné ver- « balement les raisons suffisantes pour vous prouver l'incohérence « de la réunion de ce dernier objet aux deux autres. J’ai pensé que « les administrations des fêtes nationales et du Conservatoire de « musique seules pouvaient être gérées par le même homme... » Toutefois, en refusant de se charger de l’administration de 1 Opéra, il se montrait disposé à obtempérer aux ordres du Ministre, pour ce qui était de l’adjonction à ses fonctions de la direction des fêtes nationales, mais encore mettait-il certaines conditions a son acceptation. il voyait deux choses distinctes dans ce service : la pensée et l’exécution, qu’il y avait inconvénient, disait-il, à confier à un seul homme. Pour la première, il proposait une Commission composée de philosophes, d’hommes de lettres moralistes et d’artistes, et, comme « l’harmonie des convenances entre les individus » devant coopérer ensemble aux travaux de conception lui paraissait indispensable, il se hasardait à présenter « un choix d’hommes déjà liés par des sentiments réciproques d’estime, et dont le républicanisme et les talens » garantissaient « les plus heureux résultats : Daunou et Lacépède, hommes de lettres; Chénier, poète; Méhul, musicien; F. Gérard, peintre; Percier, architecte... ». L’administrateur des fêtes nationales spécialement chargé de l’exécution des projets, de l’ordonnance, de la surveillance et de la conservation du matériel — fonctions que Sarrette aurait acceptées — complétait la Commission 4 . Diverses circonstances s’opposèrent à l’adoption de ces vues; il n’en reste pas moins acquis que Sarrette ne mérita pas les reproches que quelques-uns lui firent mal à propos.

La situation générale ne s'était pas suffisamment améliorée en cette année 1797, pour que l’on pût donner à la célébration des fêtes ordonnées par la Constitution tout l’éclat désirable. Un journal, en constatant que toute dépense aurait paru hors de saison, fit observer qu’il eût été d’ailleurs impossible de faire autrement, le Corps légis-

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