‹ B. Sarrette et les origines du Conservatoire national de musique et de déclamationChapitre 13 sur 149 · Mémoire pour J. F. Lesueur . An XI · texte numérisé non relu

Mémoire pour J. F. Lesueur . An XI

3. Procès-verbaux (manuscrits) de l’Assemblée constituante... (Arch. nat., C. 27, liasse C, § 1, 185 bis.) — Cette adresse se trouve reproduite dans les procèsverbaux imprimés (Bibl. nat., Le 27 , p. 23); le nom de Sarrette y est défiguré par suite d’une erreur typographique [Surette).

qui réunissait les noms de personnes de toutes conditions : avocats au Parlement, sous-lieutenants, professeurs d’éducation, chevaliers et marquis, fils de lieutenants généraux, fabricants de galons, commis de contrôleur général, etc.... Mais les événements se précipitent; la présence des troupes étrangères appelées pour l’exécution de la conspiration ourdie par les courtisans, et les massacres de la place Vendôme (12 juillet), ayant porté la fermentation populaire à son comble, on vit sourdre et éclater l'agitation. Des paroles, on vient aux actes, et nous retrouvons Sarrette remplissant un rôle actif cette fois.

Zimmermann, et d’autres après lui, ont écrit que « la Révolution qui éclata en 1789 le trouva capitaine d’état-major », et qu’il compta parmi les officiers de l’état-major de La Fayette. Nul n’a dit quand, pourquoi et comment il parvint à ce grade. Personne n’a songé à rechercher le seul document qui pût corroborer ces assertions ou les modifier : l’état des services de Sarrette. Il existe pourtant au Ministère de la Guerre; il va nous servir à démontrer le peu d’exactitude des renseignements ci-dessus, et nous révéler des particularités, tout aussi ignorées, de ses débuts dans la vie publique.

Cet état date de 1792; il fut établi pour la liquidation d’une pension dont nous parlerons par la suite (v. p. 55). Voyons d’abord ce que fit Sarrette au commencement de la Révolution :

Le i 3 juillet 1789, Bernard Sarrette ammena cent cinquante soldats de différents régiments au district des Filles-Saint-Thomas.

Le i 4 , il les armat des armes qu’il put aux Invalides; il fut chargé par le district du détail et du commandement de ces troupes auxquelles il fit faire le service des caisses publiques; il fut en outre chargé du commandement des musiciens et élèves du dépôt des gardes françaises qu’il avait réunis au district et dont il a depuis formé la musique de la garde nationale parisienne.

Le district en reconnaissance de ces services a volé à Bernard Sarrette une épée 1 .

La meme pièce nous apprend qu’il servit dans la garde nationale parisienne soldée, en qualité de capitaine, depuis le 1 er septembre 1789, jusqu’au 1 er janvier 1792, époque où il demanda sa retraite conformément à la loi du 9 octobre 1791 (v. p. 25).

On voit que la Révolution « ne trouva » pas Sarrette capitaine

1. Arch. du Minist. de la Guerre, carton 151, n os 1801 à 1817, 2 e série, n° 181. — Cet état de services est signé de l’adjudant général; il porte en tète « Municipalité de Paria. Département des gardes nationales parisiennes ».

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