SUPPRESSION DU CONSERVATOIRE
« parcimonieuses lui ravirent non seulement ce qu’il avait de gran- « diose, mais le privèrent même du nécessaire. L’Institut musical « le plus complet qui eût jamais existé, mutilé dans ses développent ments, fut placé secondairement dans les attributions de l’inten- « dant des Menus-Plaisirs 1 * ... ».
Non seulement Sarrette se vit injustement éloigné du Conservatoire et réduit à l’inaction, alors qu’il était en pleine possession de ses facultés, mais il eut la douleur d’assister à l’effondrement de son œuvre. Plus que tout autre, ne devait-il pas être sensible à la destruction de l’établissement qui lui avait coûté plus de vingtcinq ans de peines et de soins?
Une ordonnance royale, rendue le 23 février 1816, confirma la pension de 3 000 francs qui lui avait été accordée le 15 mars 1815, et dont la liquidation avait été retardée par les événements. Elle compta du 1 er janvier 1816
Sa nomination dans l’ordre de la Légion d’honneur fut aussi l’objet d’une régularisation, les pièces officielles n’ayant pu être établies en temps utile. Le 15 juillet 1815, M e Chodron, notaire, délivrait à la Grande Chancellerie un extrait de l’acte de baptême de Sarrette, déposé le 6 avril précédent au rang de ses minutes, et, le 11 juillet 1817 seulement, on procédait à la rédaction du « Procès- « verbal d’individualité établi pour l’établissement d’une inscription « sur les registres matricules de la Légion d’honneur ». Dans ce document, Sarrette est qualifié d’ « ex-directeur du Conservatoire royal de musique »; il habitait 14, faubourg Poissonnière 3 . Enfin, le 11 août 1817, était signé le brevet pour prendre rang du 7 décembre 1814, date de la première ordonnance de nomination 4 .
De ce jour, Sarrette n’eut plus aucun rapport avec le Gouvernement et n’exerça aucune fonction publique. Pendant plus de quarante ans, il vécut dans le silence de la retraite et dans l’intimité de