C. P. Le Conservât, de musique
ne rétablit. Il en est de même pour le renouvellement de ce serment par « les jeunes élèves de la musique des anciens gardes françaises, au nombre de près de quarante », qui eut lieu a 1 occasion de « la première communion des plus jeunes de ces élèves, faite en grande cérémonie dans l’église de Saint-Eustache », sous les auspices du même district qui en avait « pris soin dès le moment de la Révolution 1 ».
Cette sorte de tutelle du district allait bientôt cesser; encore quelques mois, et la musique de la garde nationale sera toute aux mains de la Municipalité parisienne. N’était-il pas anormal, en ellet, que, chargée d’un service -public, elle continuât d’être entretenue par les habitants d’un quartier? Donc, le 4 mai 1790, le bureau de Ville, considérant que les musiciens des anciens gardes françaises avaient fait le service sans être attachés à aucune compagnie, autorisa — S ur les observations du commandant général La Fayette — le département du Domaine à acquitter le mémoire de dépenses que devait présenter Sarrette, qui, avec l’assentiment de La Fayette, s’était chargé de pourvoir à leur solde, à leur habillement, ainsi qu a l’entretien de leurs instruments. En outre, l’on décida que des mesures seraient prises pour subvenir aux besoins futurs de la musique de la garde nationale. Au reste, voici la teneur de l’arrêté pris à cet effet, le premier acte officiel concernant le Conservatoire dans sa forme embryonnaire :
Sur la représentation faite par M. (Le Goulteux) de la Noraye, que depuis la Révolution, 45 musiciens des ci-devant gardes-françaises ont continué a faire le service sans être attachés à aucune compagnie, le règlement provisoire n’ayant rien statué sur la musique* M. Sarrette, citoyen du district des Filles-Saint-Thomas, sur l’autorisation de M. le commandant-général, s est chargé de ces musiciens depuis cette époque, qu’il les a fait servir partout où il a été nécessaire, qu’il les a soldés, habillés et entretenus d’instruments ;
Le Bureau, sur. les observations qui lui ont été présentées par M. le commandant-général dans une de ses séances précédentes, a arrêté que M. Sarrette présenteroit son mémoire et ses pièces justificatives de dépense au département du Domaine, et a autorisé ce département à l’acquitter après en avoir examiné tous les articles, sauf à prendre des mesures pour l’entretien futur de la musique de la garde nationale.
Desmousseaux, membre et secrétaire du Bureau 2 .
1. Annales patriotiques et littéraires, n° 238 du 28 mai 1790.
2. Recueil de pièces à opposer à divers libelles (An X), p. 17, note 1. (Bibl. nat., Vp 3312.)