LES FÊTES PUBLIQUES
Une quinzaine plus tard, l’adoption de la musique par la Municipalité fut un fait accompli. Une maison avait été louée, à compter du 1" octobre, rue Saint-Joseph, n° 11, pour le logement des musiciens, nous 1 avons déjà dit 1 ; ils furent divisés en trois classes d'appointements annuels, dont le montant était fixé à 330, 450 et 540 livres, taux qui fut augmenté par la suite (v. p. 3G). On sera peut-être surpris de la modicité de cette somme, mais ce que l’on auiait peine à croire, si la chose n était nettement établie par une lettre de 1 État-Major général (signée Lajard) en date du 2 octobre, c’est qu’ils devaient payer le blanchissage de leurs draps de lit :
J’ai l’honneur de vous prier. Messieurs du département de la garde nationale, de faire délivrer à M. Sarrette, capitaine de la musique de ladite garde, 8o paires de draps pour ses musiciens et dont M. Sarrette se rendra responsable dans le reçu qu’il en fournira. Avec cette quantité, M. Sarrette aura de quoy changer tous les mois et se chargera de faire payer le blanchissage à ses musiciens 2 .
Dans leur détresse, ils ne pouvaient que s'incliner; d’ailleurs, il était-ce pas un résultat que d’avoir acquis une situation, si modeste fut-elle?
L’année 1791 ne donna pas lieu à de nombreuses exécutions, mais elles furent un peu plus retentissantes. Elles changèrent aussi de caractère. Les cérémonies religieuses prennent fin avec le Te Deum du 20 mars, chanté à Notre-Dame en actions de grâces de la convalescence du Roi 3 , et avec les funérailles de Mirabeau 4 (4 avril). En ces
1. Voici le document qui le prouve, émanant de la « Municipalité de Paris, département de la garde nationale. : Nous, commissaires du département de la
garde nationale, prions MM. les administrateurs des domaines et finances de la ville de faire payer à M. Sarrette, capitaine de la garde nationale, commandant la musique, la somme de 2 250 livres, pour neuf mois de loyer échus du présent mois, d une maison size rue Saint-Joseph, n° 11, occupée par lad. musique, depuis
le 1 er octobre 1790, a raison de 3 000 1. par année. Fait. le 4 juillet 1791 ». A la
suite est écrit : « Reçu l’ordonnance de 2 250 1. dont la minute est ci-contre ce 0 juillet 1791, (signé) Sarrette ». (Arch. nat., F* 3 781.)— Inédit.