Arch. nat., F 13 780.— Pièce inédite
3. Lettre de Bailly, maire de Paris, à M. de Gouvion, le 18 mars : « Le corps municipal a arrêté que dimanche 20 de ce mois, il seroit chanté dans l’Église épiscopale, à quatre heures après midi, un Te Deum. , en actions de grâces de la convalescence du Roy. Le corps municipal a décidé de faire tirer trois décharges de canon, 1 une a G h. du matin, la deuxième à midi, la troisième à l’heure du
Te Deum. . La musique de la garde nationale sera commandée. » (Arch nat
AF, II. 48, dossier 167, p. 102.)— Document inédit.
Le Spectateur national (n° du 21 mai, p. 480) énumère quelques-uns des morceaux exécutés : a La musique militai ^*a exécuté à la fin plusieurs airs connus comme Çà ira , Où peut-on être mieux , Vive Henri IV... ».
* . le cor P 8 était précédé de la musique des bataillons de la garde natio¬
nale... » ( Annales patriotiques du 6 avril 1791, p. 1257.)
deux circonstances, le rôle des musiciens de Sarrette se borna encore à l’exécution de morceaux pendant la marche. Avec la translation de Voltaire au Panthéon (Il juillet), leur participation commença à devenir plus importante; ce fut le point de départ du mouvement qui plaça au premier plan la musique, jusqu’alors en quelque sorte accessoire.
Aux instruments formant la base de l’orchestre militaire du XVIII e siècle, clarinettes, cors et bassons, s’ajoutent les hautbois, petites flûtes, trompettes, trombones, serpents, etc., et l’initiative de Sarrette — constatée par la Chronique de Paris (n° 195, p. 789) —• y joint encore des éléments entièrement nouveaux : la tuba-cor va et le buccin, restitués d’après les représentations de la colonne Trajaneà Rome. Une autre innovation bien digne de remarque consiste dans lemploi de tous ces instruments à souffle humain pour l’accompagnement des chœurs chantés aux diverses stations du cortège 4 ; c’est le premier exemple, pour la musique profane, de ce procédé inauguré par Gossec dans le Te Deum exécuté à la fédération du \ ï juillet 1790, mais sans les tuba et buccin , qui parurent pour la première fois à l’apothéose de Voltaire 1 2 .
La. célébration du deuxième anniversaire de la prise de la Bastille n’offre rien à signaler; même programme musical que l’année précédente : hiérodrame de Désaugiers et Te Deum de Gossec, partant, concours restreint de la musique de la garde nationale 3 . Le 30 juillet, nous la voyons prendre part à une séance de physique amusante donnée dans un établissement public, pour l’entretien des volontaires allant aux frontières : « Musique militaire offerte par M. Sarette, capitaine commandant la garde nationale », dit le Moniteur du jour.
Les réjouissances décrétées par l’Assemblée nationale le 15 septembre pour le dimanche 18, à l’occasion de l’achèvement de la Constitution, allaient remettre cette musique plus en vue. Si nombre de programmes et journaux sont muets à son égard, sa présence est
1. V. les partitions et notices explicatives dans notre recueil : Musique exécutée, etc.
Suivant état « fait et arrêté le 5 mai 1792 », le mémoire de Sarrette « pour frais de musique pendant la cérémonie » s’éleva à 845 1. 16 s. (Arch. nat., F 4 , 1246.)
2. V. détails sur ces instruments dans le discours de Sarrette (p. 49) et notre ouvrage : Musique exécutée, etc.
3. VOrdre et la ynarchc de la commémoration nationale du 14 juillet 1791 comprend plusieurs corps de musique, dispersés dans le cortège. (Bibl. nat., Lb 39 10 097.)