‹ B. Sarrette et les origines du Conservatoire national de musique et de déclamationChapitre 20 sur 149 · LES FETES PUBLIQUES · texte numérisé non relu

LES FETES PUBLIQUES

absolument constatée par une note rectificative du Journal de Paris 1 . Elle eut à se joindre au cortège municipal qui donna lecture de Facte constitutionnel sur les principales places de la ville et au Champ de Mars, où elle accompagna en outre l’hymne de Gossec, chanté par les choristes des théâtres de FOpéra, de Feydeau, etc., et de la chapelle royale, simplement désigné par certains journaux sous le titre d’Ode française , et qui n’était autre — d’après nos renseignements — que le chœur « Peuple, éveille-toi », exécuté le 11 juillet précédent à la translation des cendres de Voltaire au Panthéon 2 . L’acceptation de la Constitution fut encore célébrée le 13 octobre suivant à l’oratoire calviniste, en présence de Bailly et de la Municipalité. On chanta des strophes de Racine, Rousseau, etc., mises en musique par Gossec, ainsi que l’hymne composé pour la fête de Voltaire, et la musique de la garde nationale s’y fît remarquer par son exécution 3 .

Le lendemain, la loi portant organisation de la garde nationale était promulguée, et nulle mention de la musique n’y était faite. Les artistes réunis par iSarrette allaient-ils donc voir s’évanouir leurs espérances et perdus à jamais les efforts accomplis pour s’assurer une situation! Quatre jours après, le 17 octobre, une députation présenta

1. « ... il n’y a eu que la partie de chant exécutée par ces virtuoses (de la chapelle du roi et de l’Opéra); l’orchestre était composé de la musique de la garde nationale parisienne, qui est formée de 78 musiciens, presque tous d’un talent reconnu, et qui sont dirigés par M. Gossec. (N° du 22 sept., p. 1082.)

2. Le défaut d’indications précises sur cet hymne — nom du poète, vers cités — dans le Moniteur , les Révolutions de Paris et le Journal de Paris , a fait présumer à notre collègue, M. J. Tiersot, qu’il s’agit peut-être du choeur publié sous le nom de Triomphe de la loi (« Salut et respect à la loi »), hypothèse qu’il fonde sur diverses déductions. ( Les fêtes de la Révolution française dans le Ménestrel du 11 fév. 1894, p. 42, col. 2.) Nous avons trouvé, dans d’autres documents, des détails qui tranchent la question. Un compte rendu de la cérémonie contient ces lignes : « On chanta sur l’autel l’ode française que nous rapportons à la fin... », et plus loin, est reproduit le texte du chœur ci-dessus cité : Peuple, éveille-toi..., suivi de cette mention : « Ces paroles sont tirées de Voltaire, opéra de Samson ,* la musique est de M. Gossec. » ( Grand détail de tout ce qui s'est passée etc.; 8 p. in-8°, impr. Grandjon. Bibl. nat., Lb 30 5406.) Confirmation de’ce renseignement nous est donnée par un périodique, paru le 21 septembre, qui dit explicitement que l'hymne de Gossec, exécuté sur l’autel de la patrie le 18, avait été mis en musique pour la fête de Voltaire, et qui, preuve sans réplique, reproduit en notation musicale les trois parties vocales de ce morceau. (Cf. Musique exécutée... . et Les Hymnes et Chansons de la Révolution.)

Un nommé Simon, maître de musique, avait été chargé de fournir quatre orchestres pour les danses populaires, moyennant 120 livres. (Bibl. nat., mss. fr. nouv. acq. 308.) A la date du 15 avril 1792, nous trouvons une lettre des musiciens employés à la fête de la proclamation de la Constitution, dans laquelle ils réclament « le payement de leur salaire ». (Arch. nat., G. Il, 15.) — Notes inédites.

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