‹ B. Sarrette et les origines du Conservatoire national de musique et de déclamationChapitre 22 sur 149 · PROJET D’ÉCOLE DE MUSIQUE MILITAIRE · texte numérisé non relu

PROJET D’ÉCOLE DE MUSIQUE MILITAIRE

ou quatre ans, nous entendrions 5 ou 600 jeunes citoyens se réunir à leurs maîtres, les musiciens de la garde nationale, et former avec eux des concerts civiques, dignes des beaux jours d’Athènes, et faits pour attirer les peuples de l’Europe'.

En conséquence du rapport des commissaires de la garde nationale, le maire Pétion arrêta, le 7 décembre, que copie de ce document serait envoyée au directoire du département « avec prière d’approuver b accueil fait à la pétition par le corps municipal, et d’indiquer les fonds nécessaires au service et à l’entretien de cet établissement 1 2 ». Les administrateurs composant le directoire du département répondirent à Pétion, le 7 janvier 1792, qu’ils ne pouvaient rien statuer sur la musique de la garde nationale, la dépense devant faire partie du budget municipal qu’ils attendaient, et ils soulevèrent une objection, fort juste, mais qui pouvait entraîner des délais dont les musiciens auraient eu à souffrir, la suppression de la garde nationale soldée, à partir du 1 er janvier, leur enlevant leurs modestes ressources : « Cette musique, considérée sous le point de vue d’École nationale de musique militaire, ne peut être instituée que par l’Assemblée nationale, et les vues peuvent être bonnes à lui présenter lorsqu’elle s’occupera de l’éducation générale 3 . »

Ce moment était encore lointain, et Sarrette dut aviser aux moyens de sauvegarder les intérêts des musiciens qu’il avait réunis. Lui-même avait dû, conformément à l’article 1 er de la loi du 9 octobre précédent 4 , demander sa mise à la retraite, qui, par suite d’un oubli, ne lui fut liquidée que deux ans plus tard (v. p. 55), bien qu’elle ait été immédiatement admise^ suivant l’avis que voici :

Paris, le 18 janvier 1793.

A AL Sarrette , capitaine de la garde nationale soldée parisienne.

D’après le désir que vous avez témoigné. Monsieur, de profiter de la faveur de la loi du 9 octobre dernier, je vous préviens que Sa Majesté vous a compris dans le travail que je lui ai proposé des officiers qui ont servi dans la garde nationale parisienne soldée, depuis la Révolution, et qui sont suscep-

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