‹ B. Sarrette et les origines du Conservatoire national de musique et de déclamationChapitre 25 sur 149 · CONCERTS ET FÊTES DIVERSES · texte numérisé non relu

CONCERTS ET FÊTES DIVERSES

Quinze jours après, nouveau concert au même lieu, même impression. Passons, voici une manifestation publique plus importante : la fête de la liberté en l’honneur des Suisses de Châteauvieux, à laquelle la musique assista malgré la défense des autorités, qui, pour divers motifs, avaient décidé de n’y point paraître (15 avril 1792). De nombreux musiciens du corps de la musique de la garde nationale se rendirent cependant, individuellement, devant l'Opéra, lisons-nous dans une relation, pour l’exécution des deux chœurs de Chénier et Gossec ( Chœur à la Liberté, Ronde nationale *) : « La République des arts ne connaît point d’entraves ! » ajoutait le rédacteur. Cet acte leur attira les rigueurs de l’État-Major, ainsi qu’ils le déclarèrent plus tard à la barre de la Convention (v. p. 42); avait-il réellement le caractère d’une manifestation de leurs sentiments ? Nous répondrions par l’affirmative, si l’on avait la certitude que ces musiciens professaient déjà en 1792 les mêmes idées quen 1793. Néanmoins, présents à la fête populaire du 15 avril, qui [tassa pour l’œuvre du parti révolutionnaire, on les vit également à la fête de la loi (3 juin 1792), que les constitutionnels organisèrent, par esprit d’opposition, pour célébrer la mémoire de Simoneau, maire d’Etampes, massacré le 3 mars dans une émeute. Quand le cortège, qui s’était réuni au boulevard Saint-Antoine, fut parvenu au champ de la Fédération, la musique de la garde nationale exécuta successivement la Marche lugubre, un chœur funèbre : Gémis et pleure sur ton crime, paroles de Roucher; puis le Çà ira, non prévu au programme, vint faire diversion à l’orage qui éclata soudain, jetant le désarroi dans la foule, bientôt ralliée par cet air, aux sons duquel, bravant la pluie, elle se mit à danser. Enfin, 1 averse ayant cessé,

« on reprit l’attitude religieuse » et l’on écouta l’Hymne à la loi, de Roucher, musique de Gossec.

Six jours après, le 9 juin, les musiciens virent réussir les démarches tentées auprès de la Municipalité. Sur le rapport de M. Viguier Curny, le Conseil général de la Commune accepta l’offre faite par eux de se charger de l’instruction gratuite de 120 élèves, fils de citoyens servant dans la garde nationale, présentés par chacun des 60 bataillons. Ceux qui n’avaient aucune notion musicale devaient être âgés de 10 à 16 ans; pour ceux qui étaient déjà musiciens, l’âge fixé était de 18 à 20 ans. L’admission avait lieu après examen passé

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