Cf. Musique exécutée , etc., p. 63, notes 1 et
devant le maître de musique assisté d’un professeur de chaque instrument. Chaque élève était tenu de se fournir d’instruments, de papier à musique et de l’uniforme, la Municipalité ne voulant prendre à son compte aucune dépense autre que celle relative aux prix à décerner chaque année aux sujets les plus méritants. L’enseignement consistait en deux leçons de solfège et trois leçons d’instrument par semaine, d’une heure chacune. Les élèves étaient appelés à faire, concurremment avec leurs maîtres, « le service de la garde nationale et des fêtes publiques », et tenus de prendre part annuellement à un exercice public, en présence du corps municipal 1 .
Ainsi fut créée en France la première Ecole pour l’étude des instruments à souffle humain; aucun établissement de ce genre n’avait encore existé, les maîtrises des cathédrales et l’École royale de chant ayant des objectifs tout différents.
Le zèle et la persévérance des musiciens de la garde nationale se trouvaient récompensés; mais ce n’était là que la première des étapes qu’ils avaient à parcourir avant de conquérir une situation en rapport avec leur talent et leur dévouement. Nous allons voir Sarrette s’employer plus activement encore au succès de son œuvre, se mêler davantage au mouvement politique ou du moins à la vie publique, pour étendre ses relations avec les représentants de la Commune de Paris dont il dépendait, et avec les membres de la Convention dont il jugea le concours utile à la prospérité de l’institution. En outre, nous le verrons accroître le champ des travaux de son personnel dans toutes les parties de la musique, afin de rendre incontestable l’utilité du groupe qu’il avait formé.
1. Cf. le texte de l’arrêté et du règlement que nous venons de résumer, à Y Appendice qui termine ce volume (p. 177).
Les exercices-concerts eurent lieu régulièrement en 1793 et 1794. (V. p. 46 et 101.)
Installation au dépôt de la musique , rue Saint-Joseph [juillet).
Suite des fêtes de 1792 : 14 juillet, cérémonie funèbre pour les victimes du
10 août (26 août). . ... ,
1793 : Élèves formés par l'École pour l'armée; avis de A.-L. MiLlui sur la Musique et l'École : il fait ressortir la nécessité d'un enseignement complet de la musique, à l'instar des Conservatoires d'Italie (10 janvier).
Fêtes de 1793 : Funérailles de Le Pelletier (24 janvier) ; plantation d un arbre de la liberté au Carrousel (27 janvier); déclaration de l'acceptation de la Constitution par la Commune de Paris (14 juillet); anniversaire du
10 août. , .
Sarrette est chargé par le Gouvernement , de tous les détails relatifs a la musique pour la fête du 10 août, puis de la formation d'un corps de musique pour l'armée de l'Ouest (21 octobre ).
ÉAat nominatif du personnel de la musique de la garde nationale et de l'École; appointements, notes biographiques.
L’École fut installée au dépôt de la musique de la garde nationale rue Saint-Joseph*; elle devait, aux termes de l’arrêté municipal, être prête à fonctionner avant le l or juillet, c’est-à-dire presque immédiatement. Dès le début, une mission importante lui échut : la formation de musiciens pour les armées.
Avant de donner des détails à ce sujet, mentionnons la participation de la musique de la garde nationale à la fête du 14 juillet, où elle exécuta deux compositions importantes de Gossec, le Chant du 14 juillet, d’une réelle valeur musicale, et un Dithyrambe pour la fédération, publié plus tard sous le titre d'Hymne à la Liberté, paroles de M.-J. Chénier 2 .
1. Zimmermann a commis ù la fois erreur et anachronisme dans ces lignes : « La « municipalité de Paris créa une École gratuite, qui, sous le nom d 'Institut de « musique, vint s’établir faubourg Poissonnière à l'hôtel des Menus-Plaisirs.... » L'Institut ne fut créé qu’en novembre 1793 par la Convention (v. p. 44), et 1 hôtel des Menus ne fut affecté à l’Institut qu'en mai 1794 (v. p. 97, note 2).
*> Chronique de Paris, n° 198, du 15 juillet, p. 785, 789. Les paroles des hymnes ci-dessus sont insérées dans le n° 200, p. 795. — Rapport, discours, programme, etc. (Arcb. nnt., AD, VIII, 16). .
M. J. Tiersot a conclu du laconisme de certains comptes rendus que la musique du Chant du 14 Juillet n'était pas composée en 1790, année où Chénier écrivit sa poésie, quelle ne fut exécutée ni en 1791 ni en 1792, et que la première audition pourrait bien avoir eu lieu avec celle du Triomphe de la République , représenté à l’Opéra le 27 janvier 1793, dans lequel ce chant est intercalé. (Ouvrage cité dans le Ménestrel, janvier 1894, p. 2, 9, 66 et 89.) Nous ne saurions faire cesser l’obscurité qui règne sur plusieurs points, notamment sur la première audition ; mais nous avons la certitude que la musique de Gossec était connue en juillet 1791 ; un journal la publia avec les paroles de Y Hymne à Voltaire de Chénier. C’est d’après ce journal que nous avons donné, en 1893, la deuxième ver-
Le 26 août eut lieu, au jardin des Tuileries, la cérémonie funèbre et triomphale en l’honneur des « braves citoyens morts à l’attaque du château, le 10 août, pour la conquête de la liberté et de l’égalité », suivant l’expression du Moniteur (n° 244 du 31 août), avec le concours de la musique de la garde nationale', qui fit entendre, entre autres, la Marche, lugubre de Gossec, à laquelle succéda aussitôt « une musique vive » célébrant la gloire des citoyens morts pour la liberté*. Il est bien certain que les musiciens de la garde nationale se trouvaient le 14 octobre suivant à la fête civique décrétée en mémoire du succès des armées françaises en Savoie 3 , qui clôt l’année 1702 pour les auditions.
Quant a 1 instruction des élèves destinés aux musiques des armées, elle se poursuivait régulièrement, ainsi que A.-L. Millin nous 1 apprend dans un article de la Chronique de Paris qui est à citer en partie :
Le corps de la musique de la garde nationale de Paris a proposé de remplacer en partie les Écoles des chapitres, et il fait les plus louables droi ts pour soutenir et propager son art. 11 a déjà formé 3a élèves qui ont été répartis dans les ioa», io3>' et io4 e régimens et dans les bataillons de volontaires nationaux. 11 vient encore de se charger de lao élèves volontaires pris dans les quarante-huit bataillons de Paris afin de faire participer à ces avantages tous les quartiers de la capitale.Cet établissement est dirigé par le
citoyen Surette (sic), et d autres professeurs dont on ne sauroit trop louer le zèle. L’exécution des morceaux que tous les citoyens ont été à portée de juger dans nos différentes fêles patriotiques, sutïU pour donner la preuve de leur talent. Celle institution mérite donc les plus grands éloges, mais elle ne suffit pas encore; on n'y enseigne que le jeu des instrumens à vent, et il nous manque encore des établissemens où l’art du chant et des inslrumens à cordes puisse également se perfectionner 4 .
C’était, présentée une fois de plus, l’idée d’un Conservatoire qui n avait jamais pu se former en France, « quoique mille fois proposé », comme le constatait l’auteur dans ses prémisses, et alors
S’on de cet hymne dans Musique exécutée aux fêles nationales, p. 7. (Pour plus de details V. notre bibliog. les Hymnes et Chansons de la Révolution.) — Nous publions dans le Piano-Soleil du 14 juillet 1895 une réduction pour le piano de cet hymne de Gossec, d'après l’édition du Magasin de musique à lusage des fetes nationales . y
p \* y r e à la Libené esl celui <1 "‘ P orte le n ° 15 - Me Magasin, etc., loc. cit.,
I . Ordre et marche de la cérémonie des Tuileries. (Bibl. nat.. LbM 10859 1