FÊTES DE
d’autant plus indispensable, que les cathédrales, qui avaient pu suppléer en quelque sorte aux « séminaires des Italiens appelés conservatoires », n’existaient plus. Remarquons que cet écrivain ne tenait aucun compte de l’ex-école royale de chant, qui pourtant faisait des efforts nombreux pour être réorganisée officiellement sur des bases plus larges et acquérir une utilité plus générale. Nul ne saurait dire si la proposition de Millin fut spontanée ou inspirée par Sarrette; ce qui est certain, c’est qu’elle entrait dans les vues de te dernier; les événements vont confirmer cette orientation.
La série des exécutions publiques s’ouvrit en 1793 parles funérailles de Michel Le Pelletier, dont la pompe rappela celle des obsèques de Mirabeau (24 janvier). Après le discours d’un officier municipal, la musique de la garde nationale, placée autour du piédestal, fit retentir l’air des sons lugubres « d’une musique sombre et déchirante », et, pendant la descente du cercueil, mille voix entonnèrent un chœur funèbre de Chénier et Gossec; elle suivit ensuite le cortège depuis la place Vendôme jusqu’au Panthéon, en jouant des airs funèbres 1 2 . Peu après, une cérémonie d'un tout autre caractère réunissait ces instrumentistes au Conseil général de la Commune, se rendant « au ci-devant Carrousel pour planter le chêne de la fraternité- », puis, musiciens et autorités municipales se retrouvèrent le 14 juillet, pour apporter à la Convention l’acceptation unanime de la nouvelle Constitution par les sections de Paris. Les élèves de l’École, désignés au programme officiel; « les élèves de la musique nationale », firent partie du cortège, dans lequel ils occupèrent une place distincte du « grand corps de musique nationale » précédant immédiatement le Conseil général. Le rôle de la musique avait été tracé comme suit par délibération du Conseil en date du G juillet :
Aussitôt que le cortège aura été introduit dans la salle de la Convention, la musique nationale exécutera une symphonie. Après le discours qui sera
1. Les morceaux exécutés sont vaguement désignés dans les feuilles du temps : l’une parle d’un chœur de musiciens, qui faisaient entendre, de loin en loin, des accents plaintifs, suspendus par le roulement des caisses militaires recouvertes de draps noirs (la Marche lugubre probablement); d’après la même, la musique exécuta au Panthéon a un grand morceau d’expression », chœur en forme d’invocation à la liberté (Révol. de Paris , t. XV, p. 227). Une autre indique « un chœur religieux » et « un grand chœur à la liberté » [Annales patriotiques , 27 janvier, suppléai.). Enfin, le procès-verbal mentionne « un hymne à la divinité des nations » (Bibl. nat.. Le»», 1784 a).