‹ B. Sarrette et les origines du Conservatoire national de musique et de déclamationChapitre 28 sur 149 · Le Républicain du 27 janvier 1793, p · texte numérisé non relu

Le Républicain du 27 janvier 1793, p

prononcé par le procureur général de la Commune, la même musique exécutera une deuxième symphonie; les professeurs de VÉcole nationale de musique exécuteront ensuite avec leurs élèves une hymne à trois voix, qui sera suivie d’un grand chœur de musique *.

Le Moniteur* (n° du 17), trop souvent avare de détails, nous apprend, par cette courte phrase : « trois artistes chantent les strophes de Chénier: Soleil qui , parcourant ta route accoutumée.... », qu’il s’agissait du Chant du 14 juillet de Gossec; quant au Procès-verbal de la Convention, il est aussi laconique que de coutume.

Sans cette manifestation de la Commune de Paris, nulle cérémonie n’eût rappelé la date anniversaire de la prise de la Bastille. Dès le 31 mai, la Convention, sur la proposition du Comité de Salut public, avait décrété qu’il y aurait « une fédération générale et républicaine à Paris, le 10 août 2 . » A ce moment, dans l’état des esprits, le souvenir de la journée qui avait marqué la chute de la royauté et rendu le peuple souverain, primait, pour beaucoup, les événements du 14 juillet. Dans la vaste pompe imaginée par le peintre L. David, où le peuple fut plus acteur que spectateur — « Peuple français, c'est toi que je vais offrir en spectacle aux yeux de l’Éternel! » avait-il dit dans son rapport 3 — la musique se trouva quelque peu éclipsée, encore qu’elle fût largement représentée. Les groupes nombreux disséminés dans le cortège, les orchestres pour la danse et la pantomime ne remplissaient qu’un rôle accessoire, qui ne rentrait point dans les attributions de la musique de la garde nationale, et la partie artistique qui lui incombait ne put retenir l’attention d’une foule considérable, distraite par le spectacle incessant du cortège. Nulle relation ne mentionne seulement le titre des œuvres exécutées; nous en avons connaissance par d’autres sources. La coopération de ce corps de musique ne se borna pas à l’exécution de ces morceaux; il eut pour mission d’organiser et de diriger l'ensemble des éléments supplémentaires. Le 3 août, Sarrette recevait la soumission du citoyen Royer, qui s’engageait à lui « fournir » : 1° 150 musiciens pour les orchestres d’exécution, de danse et de la pantomime, à raison de 10 livres par personne,

1. Commune de Paris. Ordre de la marche , etc. (Bibl. nat., Lb'» 1 , 31G8.)

2. Procès-verbaux du Comité de Salut public; séance du 31 mai; présents : Cambon, Guyton, Barère, Lindet, Bréard, Delmas, Danton, Treilhard, Delacroix. (Arch. nat., AF*, II, 46.) — Décret. (Collection du Louvre, t. XIV, p. 540.)

3. Rapport sur la Fédération du 10 août. [Moniteur du 15 juillet, p. 840.)

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