LES ARTISTES MUSICIENS A LA CONVENTION
Au jour fixé, le 18 brumaire an II (8 novembre 1703), une députation du Conseil général de la Commune de Paris, suivie de tous les musiciens de la garde nationale, fut admise à la Convention. Sans les comptes rendus que faisaient les journaux des travaux de cette assemblée, on ignorerait les divers incidents de cette séance mémorable pour le Conservatoire, le procès-verbal officiel les ayant résumés en quatre lignes 1 . Fort heureusement, les récits des feuilles quotidiennes, se complétant fun par l’autre, nous apportent un ensemble de détails curieux et intéressants.
Dès que la députation eut pris place, un officier municipal, Baudrais, dont le nom, à retenir, nous est révélé par un seul journal, le Journal des Débats et des Décrets, obtint la parole. Il annonça à la Convention que le chef de la musique militaire allait lui présenter une pétition approuvée par le Conseil général de la Commune et qu’il venait appuyer 2 :
Les artistes delà musique de la garde nationale parisienne, dont la réunion et le nombre présentent un ensemble de talens unique dans l’Europe, viennent solliciter de votre amour pour tout ce qui peut contribuer à la gloire de la République, rétablissement d’un Institut national de musique. L’intérêt, public, lié à celui des arts, doit vous faire sentir toute futilité de leur demande. C’est une justice due à leur civisme autant qu’à leur humanité. Ces artistes, depuis io mois, ont consacré leurs soins et leurs talens à former de jeunes enfans pris parmi les citoyens les plus pauvres de chaque section 3 .
Ce discours préparatoire fut suivi de l’exécution, « avec beaucoup d’ensemble et de talent », d’une marche guerrière, « qui excita le plus vif enthousiasme 4 », après quoi l’orateur des musiciens prit la parole et lut la pétition annoncée par Baudrais, que les journaux ont résumée en quelques lignes, mais sans dire s’il s’agissait d’une lecture ou d’un discours, et sans nommer l’orateur, qui était Sarrette, nous en avons la preuve. Cette pétition, qui ne se trouve meme pas parmi les pièces annexes des procès-verbaux manuscrits de la Convention conservés aux Archives nationales (C. 277-280), serait donc restée inconnue si par bonheur nous n’en avions découvert une copie dans d’autres cartons des mêmes archives. C’est un document fort