‹ B. Sarrette et les origines du Conservatoire national de musique et de déclamationChapitre 36 sur 149 · DÉCRET DU 18 BRUMAIRE · texte numérisé non relu

DÉCRET DU 18 BRUMAIRE

Après cette déclaration, les applaudissements éclatèrent, comme bien on pense. Pour s’expliquer de tels incidents, il faut se rappeler que la Terreur régnait depuis le 31 mai, que le gouvernement révolutionnaire avait été proclamé le 10 octobre, que la loi des suspects venait d’être mise en vigueur depuis peu, et que l’on était en présence et à la discrétion d’une majorité qu’il y avait intérêt à se concilier, si toutefois l’exaltation des idées en cours n’avait pas sérieusement gagné nos musiciens. Ce que Y on comprend moins aujourd’hui, c’est la facilité avec laquelle TAssemblée se laissait distraire de ses travaux en accueillant journellement des délégations populaires, les sections ou les citoyens, prêtant attention à tous leurs discours et même à leurs chansons 1 .

S’autorisant de l’usage, la musique de la garde nationale, avant de se retirer, exécuta un hymne patriotique, paroles de Chénier, mis en musique par Gossec, le Tyrtèe de la Révolution : VHymne de la Liberté dont nous parlerons plus loin (20 brumaire), suivant le Journal de la Montagne. Puis Sarrette (le même orateur) annonça que les élèves demandaient aussi à être entendus, ajoutant cette remarque : « Nos despotes qui ne savaient pas tirer parti du génie « français, allaient chercher des artistes chez les Allemands. 11 faut, « sous le règne de la liberté, que ce soit parmi les Français qu’on les « trouve. » Et les jeunes artistes de jouer aussitôt une symphonie, suivie de l’air Ça ira 2 !

Quand Chénier présenta la rédaction de sa proposition, son collègue Homme demanda l’addition à l’article chargeant le Comité d’instruction publique de présenter le mode d’organisation de l’Institut, de cette disposition : « Le Comité examinera la question de « savoir s’il seroit ou non utile d’établir de pareils instituts dans « tous les départemens de la République ». Thuriot s’y opposa, disant : « Il existe à Paris, mais à Paris seulement, une réunion d’ar- « tistes dont le civisme et les talens sont connus. Ils demandent à « être organisés en corps d’institut national; chacun sent l’utilité de « cet établissement. Voilà la question, la seule question 3 ».

J. Elle souffrait jusqu’à des défilés grotesques. Le 30 brumaire au If, des membres do la section de l’Unité se présentaient à la barre accompagnés de chanteurs et d’instrumentistes qui exécutèrent la Marseillaise , Veillons au salut de l'cminre , etc.; puis des citoyens vêtus d’ornements noirs, portant un drap mortuaire, défilèrent en chantant Malbrough s'en va-t-en guerre. {Journal des Débats et des Décrets , n° 428, p. 407.)

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